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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 00:35

Alep, rien de nouveau

 

L'arrêt des raids aériens russes et syriens sur les quartiers Est d'Alep, mercredi 19 octobre, et la courte "trêve humanitaire" annoncée par Moscou ne laissent personne dupe des intentions de Bachar al Assad et de son allié russe, peu enclin à la recherche d'une solution politique après cinq ans de guerre.

On peut cependant très légitimement s'interroger sur le traitement médiatique de ce conflit et sur les termes utilisés. Les "rebelles" dont parlent la plupart de nos médias sont en majorité des djihadistes. Ils n'ont rien de ces héros combattant l'oppresseur et que nous montrent les chaînes publiques. Les démocrates de 2011 se sont effacés face aux djihadistes qui tiennent majoritairement les quartiers Est d'Alep. Les "rebelles"sont essentiellement des membres de l'ex-Front Al-Nosra (une branche du sinistre Al Qaida) devenu Front Fatah al-Cham (seul le nom a changé, l'esprit et les objectifs demeurent) et des membres du groupe salafiste Ahrar al-Cham. Ils sont tous des concurrents de Daech. Les premiers sont soutenus par les occidentaux, les seconds sont soutenus, armés et financés par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Il y a bien encore quelques combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) à Alep, mais celle-ci a été éparpillée après la pâtée que lui a administrée Al-Nosra. On la retrouve surtout dans le sud de la Syrie où elle a conclu des alliances avec les djihadistes. Parler de "rebelles modérés" revient à se moquer du monde ou à pratiquer la politique de l'autruche.

Tandis que le ministre des Affaires étrangères français parle de traduire Vladimir Poutine devant la Cour pénale internationale pour "crimes de guerre", les "rebelles" djihadistes pilonnent la partie ouest d'Alep (celle que maîtrisent les partisans d'Al-Assad) sans se soucier eux non plus de la population civile. Aux dernières nouvelles, ils n'ont d'ailleurs pas respecté le cessez-le-feu. Cette guerre est particulièrement sale. L'hypocrisie des occidentaux, des pays du Golfe et de la Turquie est peu ragoûtante. On trouve peu d'émotion, par exemple, face aux bombardements saoudiens sur le Yemen.

La stratégie, servie par les médias occidentaux, voulant distinguer avec simplisme entre le camp des méchants (Assad et Poutine) et celui des gentils (les djihadistes rebaptisés "rebelles" mais que l'on poursuit partout ailleurs) ne peut cacher les intérêts occidentaux. La découverte de ressources pétrolières et gazières en Méditerranée font de la Syrie une zone dont les puissances occidentales ne peuvent se désintéresser.

Philippe ALLIENNE

Liberté Hebdo n° 1242 - 21 octobre 2016
 

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Published by Kelma Presse - dans Actualités
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