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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 11:32

Vous avez demandé la police républicaine ?

Quand Renaud, extirpé de sa peau de renard, écrit et chante qu'il a « embrassé un flic », on comprend que l'ex-révolté de l'hexagone a laissé sa désespérance dans les HLM toujours aussi blêmes. Quand des salauds assassinent des journalistes et des amateurs de zizique trop heureux de vivre, le vieux loubard périphérique voit le policier d'un autre œil. Il a raison. Mais en reprenant les vers apaisés du chanteur, et en les mêlant à une Marseillaise martiale et vengeresse, les policiers en colère sont-ils dans le même état d'esprit ? On peut en douter s'agissant du mouvement autonome qui a vu le jour le 17 octobre à Paris avant de s'étendre dans les autres grandes villes du territoire.

La police est indispensable pour servir et protéger le peuple et la République. Elle a besoin des moyens adéquats pour assurer sa mission. C'est indiscutable. En ne recevant ses représentants que dans un contexte de crise (Viry-Chatillon cette année, fusillade en Seine-Saint-Denis l'an dernier), le président de la République ne fait que souligner les insuffisances de l'État, pour ne pas dire les reculs en terme de moyens humains.

Le risque alors est grand de voir une partie des forces de l'ordre se retourner contre l'État lui-même. Les 250 millions d'euros qui viennent d'être promis pour améliorer les équipements des forces de l'ordre risquent de ne pas calmer les policiers qui manifestent depuis deux semaines et qui se lâchent en invectives sur la « racaille ». On les a vu visages dissimulés, portant parfois des masques représentant la mort. On les a entendu s'en prendre à leurs syndicats et aux politiques avec une agressivité insupportable : «On ne veut plus discuter, on ne veut plus des syndicats, on ne veut plus des politiques, maintenant, il vont la fermer et nous écouter. C'est nous qui décidons ». Tout cela à quelques pas de l'Élysée, et sous la houlette d'un porte-parole très fort en gueule mais oubliant de dire qu'il n'est pas policier lui-même, et qu'il est un militant d' extrême-droite.

Ce n'est certainement pas cette police là que nous avons envie d'embrasser. Cette police qui appelle à la solidarité des citoyens est celle qui les tabasse lorsqu'ils se battent contre les reculs sociaux, contre les mesures libérales qu'on leur impose, lorsqu'ils demandent que l'on ne fasse pas régresser la démocratie. Le peuple a besoin d'une police. Mais d'une police républicaine.

 

Philippe ALLIENNE

Liberté Hebdo n°1243 - 28 octobre 2016

 

 

 


 

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Published by Kelma Presse
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