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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 17:04

Au feu, les pompiers, v'là la maison qui brûle !

L'ambiance qui préside à la 22ème conférence des parties sur le climat (COP22) est bien loin de l'optimisme et du satisfecit qui avaient conclu la précédente, l'an dernier au Bourget. Réunie à Marrakech du 7 au 18 novembre, elle est censée lancer la mise en œuvre des engagements pris par les États et par le secteur privé. Le 12 décembre 2015, Laurent Fabius (alors à la manœuvre de la COP21 et de l'accord de Paris sur le climat) et François Hollande n'en pouvaient plus de se réjouir. 195 pays -dont la Chine et les États-Unis- venaient de s'engager sur un objectif ambitieux : limiter la hausse de la température moyenne de la planète à un seuil inférieur à 2%, voire à 1,5% d'ici la fin du siècle, par rapport à la température enregistrée durant l'ère pré-industrielle. Plus précisément, ces États s'engageaient à mener des actions pour atteindre cet objectif.

L'accord de Paris est entré en vigueur le 4 novembre, c'est-à-dire quelques jours avant la tenue de la COP22. Pour autant, il y a loin de la coupe aux lèvres. Laurent Fabius lui-même, de son bureau de président du Conseil constitutionnel, s'inquiète et rappelle que « notre maison continue de brûler ». Pour atteindre l'objectif des 2%, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) préconise une réduction de 40 à 70% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. L'accord de Paris n'en pipe mot. Au contraire, ce texte exonère des secteurs économiques (comme les transports aériens) de tout effort spécifique. Concernant le montant des « financements climats » auxquels les pays doivent contribuer, le flou demeure. Le fonds de 100 milliards de dollars par an, promis dès 2009 et rappelé par la Cop21 (mais qui ne figure pas dans l'accord de Paris) serait d'une utilité vitale pour les pays du Sud. D'autant que certains d'entre eux, comme le Sénégal, lancent des programmes d'énergie renouvelables. Outre que l'Onu et les Ong calculent différemment les sommes versées en 2013 et 2014, ces financements seraient au mieux de 41 milliards de dollars par an (selon l'Onu), au pire de 11 à 21 milliards selon Oxfam France.

A Marrakech, on attend des pays participants qu'ils présentent au moins des « plans climats » convaincants, avec de vrais projets de transition énergétique ou de transformation des systèmes agricoles, par exemple. Mais chacun s'accorde déjà à dire que la COP22 restera limitée à des déclarations politiques. Quant au réchauffement climatique, on risque d'entendre cette vieille comptine : « Au feu, les pompiers, v'là la maison qui brûle (…). C'est pas moi qui l'ai brûlée ».

PhA

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Published by Kelma Presse
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