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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 13:08

Hagiographie et ode au libéralisme

 

Les hommages dithyrambiques rendus après le décès de François Chérèque posent une profonde question. Dans leur immense majorité, les titres de presse écrite, les médias audiovisuels, les agences, la presse en ligne se sont livrés à un travail hagiographique hors du commun. Ce n'est plus de l'unanimité, c'est de l'unanimisme. On peut comprendre que le réformisme de celui qui fut secrétaire général de la CFDT durant dix ans puisse séduire les tenants du consensus social au sein d'une société qui, selon eux, n'a d'autre choix que le libéralisme et la mondialisation. Même si ces concepts commencent à prendre du plomb dans l'aile.

Le successeur de Nicole Notat, qui a consacré le tournant réformiste du syndicat, quitte à provoquer la colère puis le départ d'une bonne partie de ses adhérents, a œuvré dans le même sens. L'épisode de 2003, lorsqu'il a signé pour la réforme des retraites portée par le gouvernement Raffarin, l'aura définitivement marqué. Le doigt dans l'engrenage était mis.

Les hommages de la presse, service public compris, rejoignent ceux des politiques, à droite comme au parti socialiste, voire du candidat Vert à la présidentielle. Ainsi, les journaux pleurent-ils un « syndicaliste courageux », un « modéré qui a révolutionné le syndicalisme ». L'ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, loue quant à elle un «  grand syndicaliste » qu'elle considère comme un « homme d'État ». Rien que ça ! « Ce n’est pas en campant sur les postures les plus à gauche qu’on sert le mieux les intérêts des plus pauvres » assène quant à lui Laurent Joffrin, de Libération.

Il y a quelques mois, en août, la disparition de Georges Séguy, ex-dirigeant de la CGT, n'a évidemment pas suscité une telle émotion. Celui qui fut résistant dès l'âge de 15 ans, déporté à Mathausen et acteur essentiel des accords de Matignon en 1968, n'aura mérité que quelques secondes au 20 heures de France 2. Chacun a pu constater, durant la mobilisation contre la loi Travail, l'anti-syndicalisme du pouvoir comme de la plupart des médias, qui fustigeait particulièrement la CGT. Lorsque la télévision publique évoque la sortie du film «  La sociale », elle ne dit pas un mot sur le père de la sécurité sociale, Ambroise Croizat. Et quand ce même service public évoque la fin de la première guerre mondiale, en 1917, c'est pour souligner que cette époque marque le début du « totalitarisme » soviétique. La campagne électorale débute. La chasse au syndicalisme de combat et au communisme est ouverte.

 

Philippe ALLIENNE

(Billet publié par Liberté Hebdo n°1253 du 6 janvier 201)

 

 

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Published by Kelma Presse - dans Dans la presse
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