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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 21:57

Ils ne sont pas populaires

Cela pourrait commencer par une revue de presse. Exemples choisis, toutes tendances confondues : « Un an après les régionales, le vrai bilan de la droite – austérité » ; « HLM : ces élus qui veulent garder le contrôle (en vendant leurs offices publics à des bailleurs privés) » ; « Le vrai du faux du chômage dans la région », « Ces foyers de travailleurs immigrés laissés à l'abandon », « Ça se passe en France : l'insupportable misère des lycéens SDF », « En 2016, au moins 323 sans-abri sont morts dans la rue » (un chiffre que, plus loin dans l'article, l'Inserm porte à 2700, voire 2800 !), « Fausse couche à Auchan ».

Point commun  de ces titres ? Ils évoquent une catégorie de la population que l'on regroupe sous la dénomination générique et stigmatisante : « pauvres ». Oui, le sans-abri qui meurt dans la rue est un pauvre. La jeune caissière en formation qui ne peut se permettre de quitter son poste pour aller pisser vit sous le seuil de pauvreté. L'ouvrier ou l'employé, immigré ou non et qui ne peut payer son loyer est un travailleur pauvre. L'étudiante qui se prostitue pour payer ses études est pauvre.

Oui, la pauvreté est une réalité qui concerne plus de 9 millions de personnes en France dont le revenu mensuel est inférieur à 840 euros. Régler le problème de la pauvreté, au lieu de l'instrumentaliser, devrait être le point prioritaire des candidats aux élections de 2017.Mais la réalité est rude. « Bonjour Monsieur le banquier ! Je suis ravi de vous avoir au téléphone (votre standard est toujours débordé depuis des mois que je tente de vous joindre). Je ne comprends pas pourquoi vous me prélevez autant de frais bancaires. - Monsieur, c'est légal. Vous êtes toujours à découvert . - Non, plus depuis un an, monsieur le banquier. -Oui, mais votre compte est mal géré. Je ne peut rien pour vous. Excusez-moi ».

Le banquier est courtois. Il « s'excuse ». Ce n'est pas sa faute si le pauvre pue la pauvreté. Mais comme il est pour l'intégration du pauvre, il lui fait payer des tarifs bancaires bien plus élevés que la normale. C'est l'association de consommateurs CLCV qui le rapporte. « En 2017, les portefeuilles des « petits » consommateurs et des plus pauvres supportent les plus lourdes augmentations de tarifs ». Pour le « petit compte », le dépassement de découvert est lourdement sanctionné. Une saisie sur compte est hors de prix. Les pauvres ne sont pas populaires. Ce n'est pas pour rien.

 

Philippe ALLIENNE

(Billet publié par Liberté Hebdo n° 1254 du 20 janvier 2017)

 

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Published by Kelma Presse
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