Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 13:09

L'or bleu de Tromelin

 

Tromelin. Ce nom n'évoque sans doute rien pour la plupart d'entre-nous. Il s'agit d'une toute petite île de 100 hectares, même pas habitée (à part trois fonctionnaires), dans l'océan Indien. Elle se situe à 450 km à l'est de Madagascar et à 535 km au nord de l'île de la Réunion Elle fait partie, parmi sept entités principales, des îles Éparses de l'océan Indien, un district rattaché aux Terres australes et antartiques françaises. Elle est française.

Ce mercredi 18 janvier, à l'Assemblée nationale, les députés vont se prononcer sur la ratification d'un accord de cogestion administrative de Tromelin entre Paris et l'Île Maurice qui la revendique. Cet accord été signé le 7 juin 2010 à Port-Louis. La France voulait ainsi préserver ses relations diplomatiques avec Maurice. Une première ratification a échoué en 2013.

Bien-sûr, il n'est pas question ici de plaider pour un quelconque droit d'appartenance au nom d'un empire français défunt et d'une époque marquée par la traite négrière. L'île de Tromelin a été découverte en 1722. Mais cet accord de cogestion, qui porte sur une partie du territoire français, met en lumière le peu d'intérêt que notre pays porte à son domaine maritime. Or, cette île perdue représente 280 000 km2 de zone économique exclusive (ZEE), soit un espace maritime sur lequel l'État français peut explorer et exploiter (il y exerce des droits souverains) de nombreuses ressources économiques, environnementales et biologiques. Par comparaison, ces 280 000 km2 représentent environ 80% de notre ZEE hexagonale (345 000 km2).

Si l'accord est ainsi ratifié, d'autres pays n'auront pas de raison de ne pas revendiquer des bouts de territoires : le Mexique, pour l'ïle de Clipperton, l'Afrique du Sud et l'Australie, pour les Terres australes. Certes, les océans et les mers devraient être reconnus comme patrimoine commun de l'humanité. Mais en attendant, il ne faut pas perdre de vue la richesse et le potentiel qu'ils recèlent pour l'avenir de cette humanité. La France, avec ses plus de 6.200 kilomètres de littoral (outre-mer compris) et son millier de communes maritimes, ne s'est jamais vraiment préoccupée de cette richesse. Sauf à tenter d'y exploiter les énergies fossiles, elle ne maîtrise quasiment rien de ses 11 millions de km2 de surface maritime. Cet or bleu est pourtant un élément essentiel pour la transition énergétique et pour l'avenir de la planète.

Philippe ALLIENNE

(Billet publié par Liberté Hebdo n° 1254 du 13 janvier 2017)

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Kelma Presse
commenter cet article

commentaires

Présentation

Recherche