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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 18:35

Le spectre de 2005

L'interminable farce fillonesque a failli évincer les sujets de campagne, à seulement quelques semaines de la présidentielle. L'actualité se rappelle au bon souvenir de candidats « moi je ». Avec les violences policières d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, ce sont à la fois les dossiers de la sécurité, de la police, mais aussi du « vivre ensemble « , des conditions de vie et, bien-sûr, de l'emploi qui ressurgissent.

Dans une ville de 82 600 habitants, où le chômage gangrène plus de 19% de la population et 36% des jeunes de moins de 25 ans, le contrôle policier et les caméras de surveillance ne peuvent apporter de réponses sérieuses. C'est pourtant cette vision de la France des banlieues et des quartiers qui a été choisie dans les années 2000. Chacun garde en mémoire les sorties aux allures de matamore de celui qui était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui en appelaient au karcher et à la mort de la police de proximité.

17 ans après les émeutes de 2005, aucun enseignement n'a été tiré. Au contraire, le flasball et la tenue de combat ont obtenu la priorité sur le dialogue et la connaissance des territoires et de leurs eujeux. La maîtrise de la délinquance a perdu face au contrôle aveugle. Le tout, sur fond de peur et de haine. La caméra de surveillance s'est imposée, fut-ce au point de se retourner contre la police elle-même !

Pire, au moment où l'on s'émeut du sort de Théo, le jeune interpellé avec une rare violence le 2 février à Aulnay, les députés commencent l'examen du projet de loi afin de réformer les règles d'ouverture du feu pour les forces de l'ordre. Cela fait suite aux revendications des policiers en colère qui ont manifesté (en armes pour certains, et donc de manière illégale) à l'automne dernier.

Tandis que la police demande l'instauration d'une « présomption de légitime défense », un pantalon baissé et une matraque introduite dans le rectum d'un jeune homme pourraient relever d'un « malencontreux accident », d'un « malheureux hasard ».

De son lit d'hôpital, Théo appelle à l'apaisement. La police des polices tente de faire passer des vessies pour des lanternes, tant l'idée d'un viol policier lui paraît insupportable, l'extrême-droite s'attaque à la « racaille » des quartiers. D'un côté, les tenants de la paix ; de l'autre les tenants d'un ordre nouveau sur fond guerrier.

Rien ne change. En 2012, l'un des axes de campagne du candidat Hollande portait sur l'établissement de nouveaux rapports entre la police et la population. Un râté de plus. On peut toujours craindre le spectre de 2005. Tout a été fait, et tout est encore fait, pour le faire ressurgir.

 

Philippe ALLIENNE

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Published by Kelma Presse
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, 09/09/2017 09:14

SOS URGENT: JE SUIS VIOLEE ET TORTUREE PAR UN MALADE MENTAL AVEC DES HARCELEMENTS INSUPPORTABLES. JE NE PEUX PAS RESPIRER ET J AI MAL PARTOUT. LE CINGLE M EMMERDE EN TOUCHANT MON BRAS, MES SEINS, MON VENTRE ET MON CUL AVEC DE LA BOUILLIE DE MERDE ET NE VEUT PAS ARRETER DE TOUCHER MALGRE QUE JE LUI DEMANDE SANS ARRET D ARRETER. LE CINGLE RECOMMENCE A TOUCHER MA PEAU ET VA JUSQU' A M EMPECHER DE RESPIRER. LES HARCELEMENTS SONT EXTREMEMENT PENIBLES ET LE CINGLE NE VEUT PAS ME LAISSER TRANQUILLE. JE SUIS DE PLUS HARCELEE PAR DES FOLLES QUI VEULENT SANS ARRET QUE JE PRENNE DE L OPIUM ET M ESTROPIENT LA SANTE, PROVOQUENT DES VERTIGES ET DES DOULEURS ET METTENT MA SECURITE EN DANGER EN PRETENDANT QUE J AURAIS "INVENTE" DES AGRESSEURS QUI DE FAIT ONT ETE ARRETES PAR LA POLICE. LES FOLLES ME DEMANDENT POURQUOI JE NE VEUX PAS ACCEPTER DE SUBIR DU HARCELEMENT DE RUE OU PAR DES HARCELEURS DE LEUR CHOIX. CESSEZ SVP LES HARCELEMENTS, J AI MAL PARTOUT ET LA MERDE QUI DEAMBULE SUR LA PEAU EST INSUPPORTABLE. CESSEZ LES ATTOUCHEMENTS REPUGNANTS SUR LES SEINS. JE NE PEUX PAS RESPIRER ET JE DOIS GERBER.

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