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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 00:57

Mettre la transformation sociale au cœur des élections

Incroyable ! Ce jeudi 9 mars, la matinale d'une grande radio du service public a évoqué le journaliste François Ruffin. Voilà qui change. A l'occasion de la cérémonie des « Césars » lors de laquelle il a été distingué pour son film « Merci Patron », le 5 février, les grands médias avaient fort peu d'espace pour en parler. C'est que le Ruffin n'a pas rangé sa langue dans sa poche. Il l'avait fort justement utilisée pour dénoncer les fermetures et délocalisations d'usines. Et comme cette langue n'est pas faite de bois, cela avait donné quelque chose comme : « Ce sont les ouvriers qui sont touchés et les ouvriers, on n'en a rien à foutre ! ». Fichtre, bigre. Chez RTL, une autre grande radio du service privé et libéral avait alors eu un sacré problème de son tout en « informant » ses auditeurs qu'il y avait une polémique en plateau. Quelques minutes plus tard, elle était victime d'une (in)opportune coupure publicitaire (tandis que la « polémique » rebondissait). « Pas grave, avait gaillardement commenté le présentateur, c'était la remise des Césars du documentaire. On n'a pas perdu grand chose ».

Pourquoi citer ici Ruffin en long et en large ? Par copinage ? Oui, tout à fait. Il est journaliste, après tout, il est le créateur du « Fakir », à Amiens, et au début de sa carrière professionnelle, en 2003, il avait publié « Les petits soldats du journalisme », un livre qui n'avait pas fait plaisir aux écoles de journalisme puisqu'il y dénonçait la formation des « défenseurs de l'ordre médiatique » : « J’appartenais à une unité d’élite : le Centre de formation des journalistes (CFJ). Cette brigade produit des généraux trois étoiles : PPDA, David Pujadas, Laurent Joffrin, Pierre Lescure. Elle fournit surtout, chaque année, la chair à papier qui renforcera les garnisons de France 2, du Parisien, de l’AFP, du Monde... ».

En plus, il est candidat aux législatives dans la Somme. Ce type là est énervant pour les autres candidats, à la Présidentielle ou aux législatives, qui ont tant oeuvré pour faire patiner la campagne actuelle, qui imposent leur visage de faux-jeton en se posant en défenseurs du gaullisme et de la Vème République, qui ne pensent qu'à travers une Europe anti-sociale, qui se complaisent dans la défense et la continuité du libéralisme, qui suintent la peur et la haine devant les mouvements migratoire. Bref, toutes celles et tous ceux qui n'ont rien à foutre du peuple. Et Ruffin nous réveille en rappelant, le plus simplement, les saloperies qui se trament autour de la délocalisation en Pologne de Whirlpool, après Goodyear, après Continental. Ruffin nous réveille en soufflant que lque les ouvriers sont faits de chair et de sang et qu'ils méritent d'être considérés dans leur dignité.

L'Humanité des 6 et 7 mars demandait "comment mettre la transformation sociale à l'ordre du jour des élections de 2017". François Ruffin est justement l'un des rares à ne pas oublier cette nécessaire transformation sociale. Il faut mettre un terme aux tricheries et à la protection des « puissants », aux inégalités et aux discriminations, à la criminalisation du mouvement social et syndical. Il faut repenser l'indispensable émancipation des femmes et des hommes contre l'exploitation de l'homme par l'homme (femme comprise). 

Philippe ALLIENNE

(Billet publié par Liberté Hebdo du 10 mars 2017)

 

 

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Published by Kelma Presse
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