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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 18:49

Media bashing

 

Jean-Luc Mélenchon à Lille, le 4 avril, brandissant la Une du Figaro qui l'a rebaptisé Maximilien-Ilitch.

(Ph Marc Dubois)

Les têtes couronnées des médias qui fabriquent du prêt-à-penser grincent des dents. Elles se sentent agressées par les candidats à la présidentielle. Pour elles, c'est impensable, quel que soit le camp d'où proviennent ces attaques. « La presse, c'est la démocratie ! » clame, dans un cri déchirant, la très émouvante Vanessa Burggraf. Elle, qui trouve normal de se payer la tête d'un ouvrier candidat en pouffant sur la question de l'interdiction des licenciements, sombre dans la dépression dès lors que l'on s'attaque, croit-elle, à ses idéaux d'adolescence.

Oui, les grands journalistes politiques sortent les griffes contre ces méchants candidats qui se livrent au « media bashing ». Mais jamais ils n'imaginent remettre en cause leur vieille et facile grille de lecture : celle des sondages. Ainsi, tant que le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, n'était crédité que de 12% des intentions de vote, les éditorialistes demeuraient quelque peu complaisants, n'osant pas, ou ne pensant pas ressortir leurs grossières attaques de la campagne présidentielle 2012. Benoît Hamon les rassurait même. Depuis que Mélenchon décolle, rien ne va plus. Tandis que les journalistes le poursuivent avec la question aussi récurrente qu'abêtissante : « Pensez-vous pouvoir gagner sans Hamon ? », les chroniqueurs de salon songent enfin à évoquer les programmes. Oubliant qu'ils ne listaient hier que dix mesures de « L'avenir en commun », ils découvrent le huitième point de la 62ème proposition et n'en retiennent que deux mots : « Alliance bolivarienne ».

Le candidat de gauche doit être celui qui fait peur. Alors, on dénonce un « scénario catastrophe », un « programme grossièrement démagogique », un excité que l'on rebaptise « Maximilien Ilitch Mélenchon », ou « Chavez français ». Et l'on cherche toutes les analogies possibles avec le Front national. Plus fachô que Le Pen, pareil que Staline ! Quand entendrons-nous : « Plutôt le fascisme que le soviétisme » ? Ils s'enfoncent tellement dans cette logique stupide qu'ils en ont mal au ventre. Ces médias, dits dominants, se plaignent de faire l'objet de « bashing » et jouent sur les peurs. Ce sont eux qui ont peur. Les sondages les trahissent en publiant des chiffres trop favorables à un candidat menaçant leur très chère orthodoxie libérale. Car hors de cette idéologie mortifère, ces fabricants de l'information sont perdus.

Philippe ALLIENNE

(Billet publié par Liberté Hebdo n° 1268 du 21 avril 2017)

 

 

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Published by Kelma Presse
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