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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 16:07

Non, encore et toujours,

à l'extrême-droite !

A peine annoncé dimanche soir, à l'issue du premier tour de la présidentielle, le bon résultat du candidat de gauche fait place à la désillusion face au choix qui se présente le 7 mai. La tempête fait rage sous de nombreux crânes progressistes. La peste et le choléra sont souvent évoqués. Le spectre de l'élection de 2002 est convoqué.

Mais nous ne sommes plus en 2002. En 15 ans, notre pays a terriblement changé. Les réformes réactionnaires menées sous les gouvernements Raffarin (confiées à François Fillon) puis sous les gouvernements Fillon, la signature traîtresse du traité de Lisbonne, les lois scélérates durant le quinquennat qui s'achève, les interventions guerrières menées en Afrique et au Proche-Orient, etc. n'ont eu pour objectif et résultat que de renforcer le pouvoir de la finance et du modèle libéral.

Durant ces quinze dernières années, le développement de l'extrême-droite et de son idéologie fasciste s'est réalisé à l'ombre du libéralisme grandissant. « Ce qui distingue principalement l'ère nouvelle de l'ère ancienne, c'est que le fouet commence à se croire génial» (Karl Marx). Lequel des deux candidats à la présidentielle se sent le mieux investi pour mener une « ère nouvelle » ? Dans un cas comme dans l'autre, il nous faudra mener la lutte pour nos droits, pour le progrès social, pour la justice, la liberté des citoyens, l'égalité, la fraternité.

Dès lors, la question de se prononcer pour la peste ou le choléra ne se pose plus en ces termes. Ce n'est pas le choix qui est rude, c'est notre avenir si nous laissons faire. Or, force est de constater qu'il nous faut procéder dans l'ordre. Ne pas se tromper d'ennemi. Le risque est en effet énorme si, le 7 mai, nous laissons la moindre chance au fascisme et à sa candidate. L'attitude arrogante d'Emmanuel Macron, dimanche soir lorsqu'elle réveille des tropisme sarkoziens, la manière dont le candidat a entamé la campagne du second tour ne sont pas de nature à gêner son adversaire.

Un résultat qui avoisinerait les 40% pour la candidate fasciste serait catastrophique pour la suite, pour les élections législatives qui suivent, pour la gestion des cinq prochaines années.

Faire barrage à Marine Le Pen, par-delà la nausée. Parce qu'elle ment à la classe ouvrière. Parce qu'elle est l'ennemie intransigeante des syndicats et du monde associatif et solidaire, de la liberté d'expression, de la démocratie. On le sait ici, dans le Nord, où l'on voit le FN à l'œuvre dans la ville d'Hénin-Beaumont. Les gènes fascistes qu'elle portent sont indestructibles. Un pouvoir d'extrême-droite acquis dans les urnes fera tout pour détruire ce que nous sommes et pour se maintenir ensuite.

Reste le bulletin « Macron ». Le déposer dans l'urne, par-delà la nausée. Parce que, sans doute, c'est l'attitude la plus révolutionnaire à adopter ces jours ci. Parce que, sans doute, c'est façon la plus efficace de barrer la route au fascisme au-delà du quinquennat qui arrive. Parce que c'est le refus du fatalisme.

Philippe ALLIENNE

Publié dans Liberté Hebdo n° 1270 du 28 avril 2017.

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Published by Kelma Presse
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