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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 20:00

Un non-débat

L'indigence, pour ne pas dire la nullité de ce qui était présenté comme le débat de l'entre-deux tours, doit-elle nous étonner ? Face au calme d'Emmanuel Macron, l'agressivité, le cynisme et la bêtise de Marine Le Pen auront eu le mérite de reposer les termes du choix qui se présente ce dimanche 7 mai. D'un côté, un ultra-libéral qui ne fera pas de cadeau. Son projet de loi travail, sa conception du marché du travail, sa résolution à utiliser la voie des ordonnances, etc. ne peuvent être de nature à nous rassurer. Au moins, les choses sont-elles clairement établies : la lutte des classes est plus que jamais à l'ordre du jour. Nous serons sur le terrain.

 

Mais face à lui, les spectateurs de cette triste soirée auront eu le loisir de découvrir (ou redécouvrir) la vraie nature de Marine Le Pen : une fasciste qui se moque de la vérité, qui se gausse de la réalité des travailleurs, qui n'a cure du peuple. Elle est uniquement mobilisée sur le projet le plus néfaste et le plus funeste qui pourrait nous être imposé si d'aventure son nom sortait des urnes.

 

Les États-Unis avec Donald Trump, la Hongrie avec Viktor Orban, la Pologne avec Jaroslaw Kaczynski, la Turquie avec Tayyip Erdogan, la Bulgarie avec l'arrivée probable au gouvernement des Patriotes unis (trois partis d'extrême-droite). La liste est déjà longue et les exemple nombreux de ce qui nous arriverait si, d'aventure...

 

Nationalisme, attaques en règle contre la liberté de la presse, la liberté syndicale, la liberté associative, la liberté de vivre sa sexualité, droit des femmes bafoués, justice confisquée, régression sociale, expression politique rabotée, politique anti-immigration, renfermement, racisme et xénophobie, etc. Ces atteintes aux libertés individuelles et publiques sont à l'œuvre dans les pays qui se sont laissés séduire par les réactionnaires et l'extrême-droite.

 

A quelques jours du second tour, faut-il vraiment encore expliquer que le fascisme vit dans les gènes du Front national et que la dédiabolisation dont s'ennorgueillit sa candidate n'est qu'une vaste et sinistre plaisanterie ? Il est plus que temps de prendre conscience que le pire est à venir si l'on n'y prend garde. 

 

Mercredi soir, le débat n'était pas au rendes-vous. Dimanche 7 mai, il ne doit pas y avoir débat sur le choix du bulletin, ni sur celui du choix (trop dangereux) de ne pas choisir. En 2002, nous avons su nous mobiliser massivement dans la rue pour dire « non » à la présence du candidat fasciste. Quinze ans plus tard, il nous faut résolument faire barrage à sa successeuse. Et nous préparer à un avenir de lutte sociale.

 

Philippe ALLIENNE

 

(publié dans Liberté Hebdo n°1270 du 5 mai 2017)

 

 

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Published by Kelma Presse
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