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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 09:10

 

Désamour, diversion, espoir

Si vous n’avez pas lu la presse ce week-end…

 

Il y a une semaine, samedi 23 mai, les quotidiens « La Voix du Nord » et « Nord Eclair » donnaient les dix-huit listes déposées pour les élections européennes du 7 juin, dans la grande circonscription du Nord-Ouest. Le dépôt de ces listes s’étaient en effet achevé la veille au soir, 24 mai. Au total, il y a donc bien 161 listes en France (contre 168 en 2004). Dans notre région, comme partout en France, la parité est respectée ; dix hommes et dix femmes par liste. Sur les 18 listes, sept seront conduites par une femme.

 

Ces listes ont été validées le lundi suivant par le ministère de l’Intérieur. Sur le site www.interieur.gouv.fr, on peut trouver l’ordre exact de dépôt et, surtout, les noms précis avec la tête de liste et l’ensemble des 20 candidats par liste. Pour notre circonscription, les grandes formations sont au rendez-vous de ce scrutin : Majorité présidentielle derrière Dominique Riquet, PS derrière Gilles Pargneaux, Modem, derrière Corinne Lepage, extrême droite en ordre dispersé avec Marine Le Pen d’un côté et Carl Lang de l’autre, le Front de gauche conduit par Jacky Hénin et « élargit ses lignes en direction du parti de gauche de Marc Dolez », précisait « La Voix », Les Verts, LO, le Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot, sans oublier « Debout la République » de Dupont Aignan ou encore la liste Nihous et De Villiers dans laquelle on retrouve Chasse-Pêche-Nature et Tradition…

 

Efficacité, légitimité, identité : les doutes !

 

Les listes ont donc été officialisées lundi 25 mai, jour du lancement de la campagne officielle. Mais durant la semaine qui vient de s’écouler, les craintes d’un  très fort taux d’abstention ne se sont pas atténuées. La lecture de la presse de ce week-end est édifiante. A commencer par « Le Monde » daté 31 mai et 1er juin : Il publie un entretien avec Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères,  et un article de Dominique de Villepin. Ce dernier, rapporte « le Monde », « juge que la campagne européenne (…) « n’est pas à la hauteur des enjeux ». Ceux-ci sont  liés, écrit-il, à la crise la plus grave que l’Union européenne (UE) ait jamais traversée : les Européens  doutent de son « efficacité », de sa « légitimité » et de son « identité ». Hubert Védrine ne dit pas autre chose quand il observe une « fatigue de l’Europe » qu’il attribue à « des constructions trop théoriques, trop techniques ou trop lyriques ».  Mais surtout, l’ancien ministre des Affaires étrangères « commente l’étonnante incapacité de la gauche social-démocrate européenne à tirer profit –politiquement et électoralement- d’une crise qui est celle d’un modèle promu par une droite libérale contemptrice du rôle de l’Etat.

 

« Comment sauver la campagne ? »  demandent Claude Askolovitch et Olivier Jay dans le Journal du Dimanche de ce samedi 31 mai. Si le Parlement n’a jamais été aussi important, conviennent-ils, « rien n’y fait. L’abstention menace, la campagne s’étiole. L’Europe un enjeu ? Sans doute. Mais on continue de résumer cet enjeu au ballet des chefs d’Etat et de gouvernement, à leurs rapports de force, à leurs négociations ». Dans sa seconde édition, dimanche, le JDD a publié un texte commun de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. On peut s’interroger sur cette « initiative franco-allemande et ses effets sur le débat européen, dans la  démocratique médiatique, ce texte commun a plus de poids que tous les votes des eurodéputés ». Non, rien n’y fait : une étude TNS Sofres/Logica effectuée pour « le Monde »,  France 2, France 3 et France inter prévoit que « le taux d’abstention pourrait varier de 52% à 60% » pour l’ensemble de la France. En 2004, le taux de participation dans le Nord-Ouest n’était que de 41%.

Nouveau projet absent

 

Dans la Voix du Nord de dimanche (31 mai), Michel Bretonnier ne s’étonne pas de ce « désamour entre l’Europe et ses peuples ». « Cette Europe, accuse-t-il, a pris la drôle d’habitude de faire fuir les électeurs lorsqu’elle présente son parlement à leurs suffrages et de les mobiliser lors des référendums, mais contre elle ».Pour le rédacteur en chef de La Voix, l’Europe est « dans un coma dépassé » parce  qu’ « elle n’a pas su dessiner un nouveau projet quand la paix est devenue naturelle entre pays européens, que le Mur est tombé et la prospérité s’est installée ».

 

Dans le JDD de samedi, Simone Veil explique pourquoi il faut voter.  Celle qui fut la première présidente du Parlement européen (de mai 1998 à mars 2001) regrette que, contrairement à cette époque, « le Parlement travaille sur le fond et a du pouvoir, mais il n’attire plus le regard ». Et elle accuse la presse. « « Vous êtes responsables, les médias, qui ne rendez pas assez compte de l’activité de ce Parlement ». Responsable aussi, « les politiques qui ne le valorisons pas assez » ajoute-t-elle.

 

Ne tirez pas sur les médias !

 

Cette mise en cause des médias, Patrick Pépin ne veut pas l’entendre. L’éditorialiste de « Nord Eclair » s’emporte, dans Nord Eclair de samedi 30 mai ; « la sempiternelle remarque, insupportable à la longue, des médias qui ne feraient pas leur travail ». Et il rappelle que son journal a traité le sujet abondamment pendant toute la campagne  et tout au long de l’année ». Patrick Pépin invite plutôt à regarder vers les thèmes qui ont fait diversion dans la campagne : « la question du travail du dimanche qu’on remet sur la table », le retour tant attendu du débat sur la sécurité, une proposition de loi permettant aux malades de travailler à domicile… « Pour mettre le feu au lac, il n’y avait pas mieux », juge-t-il.

 

La faute aux Etats membres…

 

Dans Nord Eclair de ce lundi 1er juin, Gérard Onesta, vice-président sortant du Parlement veut appeler un chat un chat : Pour lui, ce sont les pays membres eux-mêmes qui ne pensent pas assez européen. « On ne remonte pas en quinze jours un handicap d’indifférence totale, générée par les dirigeants des Etats, et la France en premier lieu. »

 

Samedi 30 mai, l’Humanité a publié un appel du « Front de gauche », l’ »Appel du 29 mai » pour redonner la parole au peuple. L’Huma aussi craint un taux record d’abstention et trouve que la campagne a été très peu relayée par les grands médias » Pourquoi le 29 mai ? Parce que c’est la date anniversaire du référendum sur le traité constitutionnel, le 29 mai 2005, quand « les Français avaient dit non à l’Europe libérale », lit-on  dans le texte. Objectif recherché par cet appel : « qu’il soit mis fin au service minimum électoral et que soit décrétée la mobilisation maximum de tous les moyens de débat public ».

 

Voix de l’espoir

 

Chez nous, « Liberté Hebdo » du 29 mai titre sur « les voix de l’espoir ». Il note que les « Français qui résistent font entendre une voix effrontément différente de celles qui invitent à la résignation ou à la division. Une voix qui devra se multiplier le 7 juin dans les urnes ». Dans son éditorial, Bruno Cadez évoque aussi cette France qui « résiste aux injustices » et qui s’était donné rendez-vous, jeudi dernier, à proximité de l’Assemblée nationale. Il veut parler des « hommes et des femmes de Caterpillar, de continental, d’Arcelor, etc. et des parlementaires du Parti communiste et du Parti de gauche qui défendent trois projets de loi pour combattre la crise.

 

Et l’Europe sociale ?

 

Et Bruno Cadez se prend à rêver : « si ces projets de loi étaient votés, songe-t-il, les licenciements boursiers seraient interdits, le Smic passerait à 1600 euros brut, les salariés auraient, face au patron, de véritables pouvoirs dans l’entreprise, les franchises médicales et le bouclier fiscal seraient supprimés, la directive Bolkestein n’aurait aucune chance d’être appliquée en France. » Et de conclure que « d’autres choix solidaires et écologiques sont possibles en France et en Europe. Le 7 juin, il faudra s’en souvenir », dit-il.

 

Ce pourrait (presque) être un lecteur de « Liberté hebdo » qui écrit dans le courrier des lecteurs de La « Voix du Nord » de lundi : Si les « peuples européens ne seront pas nombreux à aller voter, c’st qu’ils sont déçus par l’Europe actuelle ! (…) Au lieu de n’être qu’une « union monétaire, financière juridique et technocratique qui n’a su que réglementer et n’a même pas vu arriver la crise (…) il aurait fallu commencer par le début, c’est-à-dire une véritable Europe politique et sociale  en organisant une harmonisation progressive des salaires et des charges ainsi que des mesures sociales, des horaires, des congés payés et de formation ». Pour lui, cela reste possible mais…  « Que de temps perdu ! » regrette-t-il.

 

 

 

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Published by Kelma Presse - dans Dans la presse
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