Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 05:58

Elle est à toi cette chanson...
Qu'ajouter de plus aux nombreux commentaires qui ont suivi les propos du ministre de l'Intérieur en marge de l'université d'été de l'UMP à Seignosse ?  Dans un  dossier, très bon au demeurant, le quotidien "Libération" (12 et 13 septembre) commence par évoquer "l'affaire de la vidéo". Comme si les images, prises à l'insu des protagonistes,  seraient responsables et coupables. Dans l'interview que ce même quotidien présente comme un droit à la défense du ministre, ce dernier ne s'estime coupable d'aucune faute. "Pour qu'il y ait excuse, il faudrait qu'il y ait faute" assène-t-il.

Sur France Info, Henri Guaino s'inquiète : "la  tranparence absolue est le début du totalitarisme". Il faudrait donc se contenter des explications embrouillées et suffisantes de M. Hortefeux faisant référence à ses origines auvergnates (les mêmes que Fadela Amara qui ne manque d'ailleurs pas de voler à son secours). Encore une fois, haro sur les médias, qui excellent dans le "lynchage médiatique", sur la gauche et les associations qui s'emparent de "l'affaire" dans une grande manoeuvre de récupération. Et plus globalement, méfiance vis-à-vis d'internet. Ah, si la technique pouvait être utilisée proprement ! "Proprement", de l'adjectif "propre" utilisé par le même Hortefeux lorsqu'il était ministre de l'Intérieur pour stigmatiser l'immigration non choisie. Souvenons-nous, le 25 novembre 2007, sur la chaîne M6 : "Cela veut dire qu'il y aura toujours des sans-papiers sur le territoire français ?", interroge le journaliste de l'émission "Capital", Guy Lagache. "Si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres..." Langage mal maîtrisé ? xénophobie latente ? Etat d'esprit traduisant un malaise qui remonterait à la décolonisation et qui, comme le suggère Médiapart, viserait particulièrement les Maghrébins ? Médiapart va jusqu'à parler de "fantasme". Difficile, au moins, de ne pas déceler dans les propos du ministre les signes d'un racisme ordinaire, celui qui est peut-être le plus difficilement avouable.

Les journalistes et les
vidéastes amateurs seraient donc responsables de tout, ou plutôt irresponsables, en filmant et diffusant les dérives verbales et comportementales de ceux qui nous dirigent ou qui voudraient nous diriger : le président et son "casse-toi pauv'con" au Salon de l'Agriculture du 23 février 2008, Patrick Devedjan, secrétaire général de l'UMP qui traite Anne-Marie Compari de "salope" (le 29 juin 2007), Manuel Valls, député-maire PS d'Evry qui, le 9 juin dernier, réclame des "Blancos" parcequ'il y a trop de Noirs sur sa brocante, de Ségolène Royal qui s'en prend au corps enseignant, du président Sarkozy (encore lui ?!) qui montre son estime pour les journalistes sur un plateau de la télé publique, etc.

Des victimes. Tous des vicitimes du lynchage médiatique. Tous des victimes de la dictature des journalistes qui répètent bêtement et à l'envi n'importe quelle sottise pourvu qu'elle soit sortie de son contexte. Mais sortie quand même ! Oui mais, quand M Hortefeux demande au ministre Azouz Bégag de "dégager" sur un ton aussi élégant que "Fissa, sors de là ! Dégage d'ici, je te dis !". Il n'y avait pas de caméra cachée. Lorsque le président Chirac, le 20 juin 1991, parle du "bruit et de l'odeur" du quartier de la Goutte d'or, à Paris : c'est dans un discours. Lorsque le président Sarkozy (le revoilou), traite un pêcheur d "enculé", le 9 novembre 2007 à Guilvinec : c'est devant les caméras de la télévision qui le suivent dans un voyage officiel. Et ne parlons pas de la "racaille" qu'il proposait de "nettoyer au kärcher" lorsqu'il était ministre de l'Intérieur et qu'il invitait la presse à témoigner de ses grandes actions de communication.

Non, décidément, ces dérives ne sont qu'interprétations erronées de journalistes de mauvaise foi. Des gens mal intentionnés qui ne comprennent pas que les élus sont "proches du peuple" et parlent "comme le peuple". Quant à Brice Hortefeux, lavons-le de tout soupçon raciste, de toute volonté de stigmatiser une communauté ou une ethnie, quelle qu'elle soit. Il est auvergnat. Comme Fedela Amara qui, elle le répète, ne saurait accepter le moindre propos raciste de son "compatriote" de ministre.BHabile manière, finalement, de conforter le consensus sur l'immigration et les sans papiers.

Alors, pour rendre service à M. Hortefeux, pour le soutenir dans sa galère, rappelons-lui cette chanson de Brassens, justement intitulée "Chanson pour l'Auvergnat" :

Elle est à toi cette chanson
Toi l'Auvergnat qui sans façon
M'as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid
Toi qui m'as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M'avaient fermé la porte au nez
Ce n'était rien qu'un feu de bois
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un feu de joie


Si vous en voulez encore :

La vidéo publiée par Le Monde
http://www.dailymotion.com/user/publicsenat/video/xage4m_18h00-hortefeux-la-video-de-public_newshttp://www.dailymotion.com/video/xafxrd_quand-brice-hortefeux-derape_news

La vidéo diffusée par Public Sénat montre l'intégralité des échanges :
http://www.dailymotion.com/user/publicsenat/video/xage4m_18h00-hortefeux-la-video-de-public_news

Partager cet article

Repost 0
Published by Kelma Presse - dans Faut rigoler
commenter cet article

commentaires

Présentation

Recherche