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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 12:21

Une imposture fascisante

Candidate à la présidentielle, la maire de Lille, Martine Aubry, s’est élevée contre les rumeurs propagées à son encontre par plusieurs sites internet. Parmi ces derniers, le média en ligne « Riposte laïque »  persiste et signe au nom  de son combat pour la laïcité. En fait, un laïcisme qui rime avec extrémisme. De droite.

 

Une question, au préalable : « Riposte laïque » vaut-il un article ? Oui, si l’on considère que ce journal diffusé en ligne depuis 2007 repose sur une imposture . la « laïcité de combat » qu’il revendique et la défense de la loi du 9 décembre 1905. Imposture aussi quand ce journal, créé en 2007 après une scission du site Respublica, et qui affirme que « la majorité (mais pas l’intégralité) de [sa] rédaction est d’une culture de gauche ». Créé en 1999, « Respublica » (38.000 abonnés annoncés) se définit comme un « journal du réseau de la gauche républicaine, laïque et sociale (…) favorable à la stratégie du Front de gauche ».

 

Celles et ceux qui l’ont quitté en 2007 en sont aujourd’hui aux antipodes. Dans sa note d’intention, qui figure toujours sur son site, Riposte laïque affirme ne pas vouloir « enfermer la défense de laïcité et de la république dans une vision étriquée, la cloisonnant dans le seul camp de la gauche et de l’extrême gauche ». Sur ce point, RL a tenu parole. De la même façon, le journal annonce tout de suite la couleur en désignant l’ennemi qui a rendu possible « l’offensive sans précédent » contre la loi de 1905 : la religion musulmane. Et cette offensive se traduit de « manière visible par la profusion du nombre de voiles, le refus de la mixité dans certaines activités scolaires, les revendications communautaristes, la mise sous coupe de certains quartiers et la multiplication de demandes de constructions de mosquées, souvent financées de manière illégale par les deniers publics (…) »

 

Obsession et paranoïa

Dès lors, tout est dit. Riposte laïque ne se bat pas contre l’islamisme (c’est-à-dire contre les dérives d’un islam instrumentalisé et lu à travers une grille fondamentaliste et extrémiste), elle se bat contre l’islam. Elle ne fait pas de différence entre islam et islamistes. En toute logique, elle a gommé celle qui sépare les musulmans des intégristes pour ne plus voir qu’une  menace d’invasion de la culture et de l’identité française.. Oublié, le combat de RL, qui devait s’étendre aux autres menaces contre la laïcité (elle cite les évangélistes, les sectes, l’extrême droite catholique polonaise, les fanatiques créationnistes aux USA, etc.).

 

Oubliée aussi, sa défense de la République indissociable d’un « projet de progrès social » également évoqué dans sa feuille de route. Les deux principaux animateurs, Pierre Cassen (60 ans), ex-typographe et ex-syndicaliste CGT, et sa compagne Christine Tasin (56 ans), enseignante en lettres classiques en rupture de ban, roulent prioritairement contre ce qu’ils estiment être « l’islamisation de notre société ». En 2010, celle-ci a créé l’association « Résistance républicaine » qui œuvre dans le même sens. Christine Tasin se dit « laïque de gauche », déteste l’islam au point de refuser de se rendre dans un pays arabe et organise avec délectation des « apéro-saucisson-pinard » anti-musulmans. Cette femme de gauche, passe du MRC de Jean-Pierre Chevènement à Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan (qu'elle a finalement quitté en raison de sa tiédeur envers l'islam...) ne cache pas sa séduction pour «certaines idées » de Marine Le Pen.

 

Icône et martyre

En septembre 2007, le journal prend fait et cause pour la propriétaire d’un gîte vosgien qui, l’année précédente, avait refusé la clientèle de femmes voilées. Poursuivie, la commerçante a été condamnée en appel à deux mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende pour discrimination. Durant le procès, elle a été défendue par Me Varaut, l’avocat du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et de l’Opus Dei, comme le rappelle le site « Respublica ». Cela n’a pas gêné Riposte laïque qui, bien au contraire, a consacré de longs articles pour la soutenir et pour se pâmer devant l’éloquence de Me Varaut : « Nous autres, militants de gauche et pour la laïcité, nous pouvons nous instruire en écoutant attentivement l’avocat du Mouvement pour la France », lit-on dans un éditorial. Seule réserve, RL qui avait lancé une pétition, avait alors préféré refuser les signatures de responsables du Front national.

 

Pour les animateurs du journal, Fanny Truchelut devient alors une icône érigée en martyre. Ils dénoncent une manipulation des islamistes et de l’extrême gauche. Dans les mois qui vont suivre, les éditoriaux, toujours signés Cyrano, deviennent de plus en plus virulents. Les internautes que se permettent de critiquer les excès et les dérives qui rapprochent RL de l’extrême droite se font vertement remettre en place. Ils sont taxés d’ « idiots utiles de l’islamisme ». Comme le seront les militants anti-intégristes de la première heure qui refusent les amalgames entre musulmans, islamistes et terroristes. Dès lors, on comprend que « Riposte laïque » soit à la pointe des attaques fustigeant Martine Aubry et l’avocat Jean-Louis Brochen.

 

Colonisation par la prière

Les horaires aménagés de la piscine et le dialogue avec le recteur de la mosquée de Lille Sud, pour la maire de Lille, la défense des lycéennes voilées du lycée Faidherbe (en 1994), d’un des membres du gang islamiste de Roubaix (2000) ou de l’association roubaisienne « Rencontre et dialogue », pour Me Brochen, sont, pour « Riposte laïque », des actes de collaboration avec les islamistes ! A les lire, Me Varaud est brillant ; Me Brochen est infréquentable.

 

« Riposte laïque » s’en prend à tout ce qui touche à l’islam : la nourriture halal, le voile et la barbe dans l’espace public (la rue y compris), etc. Un sommet est atteint à partir de 2009 quand Cyrano s’en prend aux « prieurs musulmans » qui « occupent les rues et trottoirs parisiens » (en fait un périmètre autour de la rue Myrha) : « Imaginez l’ampleur de l’agression que doivent ressentir les habitants et les commerçants de ces rues, tous les vendredis… Pensons à ce sentiment d’abandon qui doit les habiter… Ce qu’ils subissent ne ressemble-t-il pas à une véritable colonisation par la prière publique ? »

 

Vocabulaire normalisé

Même lorsqu’elle se positionne en défenseur des droits de la femmes, RL ne fait que fustiger l’islam et les musulmans. Martine Aubry est une cible de choix. L’affaire dite de la piscine et de ses horaires communautaires, son dialogue avec Amar Lasfar, le recteur de la mosquée de Lille Sud mais aussi président de la Ligue islamique du Nord, la rendent coupable aux yeux de RL qui ne supporte de toute façon pas cette « gauche socialiste » à laquelle elle appartient. En octobre 2009 , elle fait les frais d’un post RL lorsqu’elle « ose » participer à une manifestation parisienne pour le droit des femmes « sans avoir un mot pour le voile et la burqa ». Maîtrisant la manipulation multimédia, RL illustre son propos d’une vidéo montrant Elisabeth Badinter semblant dénoncer la responsable socialiste.

 

Mais outre le voile, la burqa et le communautarisme, RL s’attaque sans vergogne à ceux qui critiquent la politique israélienne et les Etats-Unis (ceux de G.W Bush de préférence). Dans tous les cas, le vocabulaire a été droitisé selon des normes connues : ceux qui trouvent que l’islam et les musulmans ne doivent pas être stigmatisés sont des « collabos ». Les jeunes des cités, des quartiers ou des banlieues sont « la racaille ». Parfois « la racaille en cagoule ». Sans oublier les « maffieux », les droits de l’hommistes », les groupuscules (pour les associations comme le Mrap, la LDH, la Licra, SOS Racisme, etc.), la « bien-pensance », pour la plupart des médias et des partis politiques, l’UMPS, la « gôche » pour les partis de gauche, etc.

 

Les amitiés particulières de RL

Pour ce vocabulaire comme pour sa philosophie », « Riposte laïque » a de quoi s’inspirer. Elle a reçu le soutien de sites d’extrême-droite comme Libertyvox. André Dufour, son animateur, a déjà défendu ses thèses anti-immigration sur le site de RL. Pour lui, « l’antiracisme d’aujourd’hui serait comparable à l’inquisition d’hier et serait par nature totalitaire et prêt à faire usage de violence », dénonce le site Respublica. Parmi les collaborateurs de RL, on note aussi le nom d’Anne-Marie Delcambre, membre de Libertyvox. RL est également très liée au site « Bivouac-id » qui compare la prolifération des mosquées à celle des rats.

 

Quelques mois avant que Marine Le Pen prenne la tête du Front national, elle a fait l’objet de toute la bienveillance de « Riposte laïque ». Se défendant toujours, et contre l’évidence, de tout rapprochement avec l’extrême droite, RL a largement publié sa photo avec des commentaires soulignant la distance prise par cette dernière avec l’extrémisme du père ! Marine le Pen a condamné la Shoah et n’est pas négationniste. Elle est donc fréquentable. En décembre dernier, « Riposte laïque » et l’association « Résistance républicaine », de même essence et créée par Christine Tasin, ont organisé des assises de l’islamisation avec le Bloc identitaire. Cette année, on vu des jeunes frontistes lors d’un rassemblement « républicain », à Paris. De la toile, RL n’hésite plus à descendre dans la rue pour montrer ses accointances. Il enfourche aussi un autre cheval de bataille : l’attaque des printemps arabes qui, pour lui, ne pourront déboucher que sur des totalitarismes islamistes et le retour des califats.

 

 

Alors, comment définir Riposte laïque ? Une gauche déçue qui, passée par le trotskisme, le MRC de Chevènement, Droit debout de Dupont Aignant, va se jeter dans les bras du néo-conservatisme ? Des militants qui, par peur du communautarisme des uns et de l’extrémisme des certains autres optent pour un repli identitaire et pour la théorie du choc des civilisations de Samuel P. Huntington ? Tout cela à la fois, peut-être. En fait, cela va plus loin. Dans un de ses récents articles, le site accuse Jean-Luc Mélenchon d’être un « propagandiste de l’islam » et de « regretter que Charles Martel ait arrêté les Arabes à Poitiers ». Voilà qui rappelle les propos du député extrémiste Geert Wilders, aux Pays-Bas, et qu’affecte RL : « Il y a déjà eu deux invasions islamiques : la première a été arrêtée à Poitiers, l’autre à Vienne en 1683. Aujourd’hui, on assiste à la troisième invasion, et ce n’est pas par une guerre, mais par l’immigration. Parfois, j’aimerais que ce soit une guerre ouverte, car alors, on verrait l’ennemi en face, alors qu’aujourd’hui l’invasion se fait légalement, par l’immigration et la natalité ».

 

La tentation fasciste

Voilà qui nous semble bien éloigné du combat pour la laïcité. En stigmatisant pêle-mêle l’immigration et l’islam, en confondant laïcité et anticléricalisme, en s’érigeant en défenseur de la nation par la lutte contre les mosquées, la double nationalité et le risque d’invasion, en exigeant des immigrés une assimilation extrême (jusqu’à donner des noms « bien français » ou bien chrétiens à leurs enfants), en critiquant démagogiquement le pouvoir de l’argent et les patrons qui exploitent les sans-papiers, en craignant les nouvelles révolutions et donc les peuples, Riposte laïque ramène plutôt à cette définition marxiste que donnait Dimitrov du fascisme (1) :

 

« Le fascisme se montre aux masses sous le masque de défenseur de la nation et en appelle au sentiment national blessé. (…) Il aborde celles-ci avec une habile démagogie anticapitaliste, en exploitant la haine profonde des travailleurs pour la bourgeoisie rapace, les banques, les trusts et les magnats de la finance. (…) Il se présente devant lui (le peuple) en revendiquant un « pouvoir honnête et incorruptible ». (…) Il s’indigne hypocritement contre la corruption. »

 

« Riposte laïque » chantre de la laïcité ? C’est une imposture qui cache un combat identitaire assis sur la théorie du choc des civilisations. « Riposte laïque » défenseur des droits de la femmes ? C’est une imposture qui cache la haine de l’islam, des musulmans, de l’immigration. « Riposte laïque » n’est pas raciste ? C’est une imposture qui tend à éliminer les musulmans des victimes du racisme. « Riposte laïque » site d’extrême droite, site fasciste ?  Connaissant son origine et ses méthodes, cela fait peur.

 

 

 

(1) Georgi Dimitrov, Unité contre le fascisme, VIIème congrès de l’Internationale communiste. Edition du Parti Communiste de Belgique, Bruxelles, 1973.

 

 


 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 21:29

Une nouvelle catastrophe économique et sociale
pour Dunkerque


Ce jeudi soir, 11 février, dans l'émission "A vous de juger" de France 2, Arlette Chabot reçoit Xavier Bertrand et François Hollande. Le thème : "Comment va la France ?" Elle aborde le dossier de la raffinerie des Flandres, à Dunkerque. En duplexe de Dunkerque : François Croquefer, secrétaire de la CGT. La journaliste lui demande d'expliquer quels seraient les effets d'une fermeture de la raffinerie pour le port de Dunkerque. Pas trop de temps pour répondre. Voici les chiffres tels que nous les avions recueillis le 28 janvier, lors de la conférence de presse de Grand Port Maritime de Dunkerque...

 

Le trafic généré par la raffinerie Total représente 10 millions de tonnes, soit plus de 20% du trafic total du port de Dunkerque. Il se réduirait à environ  2 Mt en cas de transformation en dépôt.. Pour le port, elle génère également 10 millions d’euros de droits de port et 4,8 M€ de recettes domaniales. C’est 18% du chiffre d’affaires réalisé par le port (Grand Port Maritime de Dunkerque, ex port autonome).

 

En dehors du GPMD,  la raffinerie représente 15 à 16% du CA  du pilotage et du remorquage. Sans compter les autres services portuaires comme le lamanage et les entreprises de consignation de navires. La fermeture serait une catastrophe sur le plan social et économique. Toutes proportions gardées, Dunkerque n’a pas connu pire depuis la fermeture des chantiers navals (1988).

 

Martine Bonny, présidente du directoire du Grand Port Maritime de Dunkerque, craint un « effet domino » sur l’ensemble des activités portuaires. En effet, si les services portuaires, comme le pilotage, le remorquage, le lamanage, etc. sont mis en difficulté, le risque est grand de voir la qualité de service diminuer pour les autres navires et les autres trafics. « Nous ne pouvons nous permettre une perte de la qualité de service en diminuant la voilure, résume Martine Bonny. Nous ne voulons pas entrer dans une spirale infernale ».

 

L’intersyndicale de la Raffinerie des Flandres va plus loin. En soulignant que le groupe Total s’apprête à annoncer plus de 9 milliards de bénéfices et en pleine crise, elle explique dans un tract, que « c’est donc pour engranger encore plus d’argent pour ses actionnaires [qu’il] envisage la fermeture de la raffinerie des Flandres. (…) Une telle stratégie, si elle n’est pas contrée, peut inviter d’autres gros employeurs locaux à agir de même, sans autre forme de procès ! ».

 

L’intersyndicale détaille par ailleurs les principales synergies que la raffinerie nourrit avec les autres entreprises du Dunkerquois : Polimeri Europa France (ex Copenor – 440 salariés et 250 sous-traitants), Polychim (75 salariés et 10 sous-traitants), SRD (ex raffinerie BP – 260 salariés, 30 intérimaires et 60 sous traitants), Lesieur, Air Liquide, etc.

 

Au total, la raffinerie des Flandres travaille avec une dizaine d’entreprises importantes employant (hors Grand Port Maritime) plus de 1250 salariés et 450 sous-traitants directs.. Total Dunkerque, c’est encore une capacité de distillation de 7 millions de tonnes, soit 8 % de la production française.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 12:09

Sarkozy persiste

SIGNONS !



http://www.rsf.org/fr-petition36145...

Au moins, Laurence Ferrari lui aura-t-elle posé la question. Avant l'émission "Paroles de Français" - très modérée par Jean-Pierre Pernaut-  ce lundi soir  25 janvier, le chef de l'Etat se prêtait à une interview de la présentatrice de TF1. Devant le 8,8 millions de téléspectateurs de ce JT d'exception, Nicolas Sarkozy a évoqué le sort des deux journalistes de France 3 enlevés et retenus en Afghanistan depuis le 29 décembre.
Serait-il revenu sur les propos rapportés quelques jours plus tôt par Claude Guéant, le secrétaire général de l''Elysée ?  Que nenni ! Après avoir accusé les journalistes otages d'"imprudence vraiment coupable", le chef de l'Etat a récidivé lundi. Il "sera temps une fois qu'on les aura fait revenir dans leurs familles de voir ce qui s'est passé, et pourquoi ils se sont conduits comme cela", a-t-il déclaré.
Si ces deux journalistes "se sont conduit comme cela", c'est qu'ils voulaient faire leur travail, Monsieur le président. Leur travail d'information qui n'a pas à être encadré par l'armée ou les dirigeants de ce pays.
Déjà, lors des prises d'otages de journalistes en Irak (Christian Chesnot, George Malbrunot, Florence Aubenas...), le président de l'époque, Jacques Chirac, avait appelé la profession à ne pas se rendre dans les zones sensibles. Cette fois, l'Elysée va plus loin encore en évoquant les risques pris par l'armée pour les libérer et... le coût que cela engendre !
Après les propos de Claude Guéant, l'association Reporters sans frontières a protesté et a mis en ligne une pétition. Soyons nombreux à la signer. La liberté de la presse et le respect de ceux qui vont sur le terrain pour nous informer mérite au moins cela :
http://www.rsf.org/fr-petition36145...

De leur côté, une soixantaine de journalsites, dont Florence Aubenas, se sont également élevés contre le dénigrement de leurs confrères et contre le manque de retenue de l'Elysée. Ils ont signé un texte où ils disent notamment :
« Nous ne pouvons pas admettre que des responsables politiques mettent en cause la probité professionnelle de nos confrères et amis.
Journalistes et amis, nous n'accepterons pas que la réputation de nos confrères soit salie et diminuée alors même qu'ils sont encore aux mains de leurs ravisseurs et qu'ils n'ont pas encore livré le récit de leur enlèvement ».

Le président a reçu les familles des otages. C'est bien. Souhaitons une prompte libération de ces derniers. Ils ne manqueront sous doute pas de remercier M Sarkozy. Avant d'être tancés ?

Philippe Allienne

 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 23:10

Les vampires sont parmi nous

Pour Halloween, le cinéma et le marketing (les deux vont souvent de paire) ont donné matière à écrire grâce au phénomène « Twiling », le succès de librairie de Stephenie Meyer porté à l’écran. Vendredi dernier, les vampires faisaient ainsi la Une de plusieurs quotidiens. « Pourquoi les vampires ont un tel succès », tirait « Aujourd’hui en France ». Ce dernier n’occulte pas que c’est une affaire de gros sous (la première convention Ultim Twiling s’est ouverte ce week-end à Boulogne-Billancourt et il fallait débourser entre 59 et 139 euros pour assister à une conférence ou rencontrer un acteur. Sans compter « six passes VIP mis aux enchères sur eBay (…) le second a été acheté à plus de 5000 euros », rapporte le quotidien. Les mordus de Billancourt sont parfois désespérants.

 

Mais « Aujoud’hui en France explique aussi que ces vampires nouvelle génération sont « devenus sexy ». Il a interrogé le pédopsychiatre Stéphane Clerget pour qui « cette nouvelle esthétique touche davantage les filles ». La raison ? Les vampires d’aujourd’hui se caractérisent par « la retenue de la pulsion sexuelle. Ils ne mordent plus, ils se retiennent. Ca touche davantage les filles, à une époque où la sexualité est présentée comme dangereuse. »

 

Mondialisation, ou le vampire sans visage
Comme « Aujourd’hui en France », « La Voix du Nord » du vendredi 30 octobre y va de sa Une et de son dossier. L’article de Claire Lefebvre mérite d’être lu. « Que de chemin parcouru par le vampire depuis le début du XVIIIe siècle et l'Europe centrale, berceau de son folklore et de ses légendes », écrit-elle.  . « Dracula a longtemps été moralisateur, brandissant les interdits de l'Angleterre victorienne », explique Jean Marigny, prof de littérature spécialiste des vampires. "Le comte sanguinaire n'a pas fini de semer la mort et la désolation dans son voisinage. À chaque moment-clé de l'Histoire, le vampire fait des apparitions. Après la crise de 1929 : laid, déformé par des émotions obscures et irrationnelles. »

 

 Mais aujourd’hui, le vampire s’est humanisé. « Le vampire prend désormais les traits d'un anonyme : l'ennemi n'a plus de visage, s'appelle mondialisation ou terrorisme », lit-on sous la plus de claire Lefebvre. « Face à un monde en mutation, on a peur de voir ses proches ou soi-même changer, devenir « autre ». Et depuis la menace atomique, la peur de la science, de la maladie est récurrente : dans Aliens, l'humain fabrique lui-même le monstre. L'ennemi du futur est invisible. Chaos climatique, OGM, virus qui mutent... Autant de métaphores de la peur fondamentale de mourir. Peur qui nous sauve : ne porte-t-elle pas en elle le désir de fuir le danger, lutter contre la catastrophe annoncée ? Du moins tant que les vampires seront parmi nous, tout au fond de nous... ».

 

Et la Toussaint, alors ? Cette fête des saints que l’on confond allègrement avec la fête des morts qui se célèbre, en principe, le lendemain, est un autre marronnier pour lequel ; il n’est pas simple de trouver un angle original. Nord Eclair de ce dimanche 1er novembre a choisi de s’intéresser à ces nouveaux « métiers de la mort ». « Siné Hebdo » préfère nous faire réfléchir aux suicides dans le monde du travail. Le dessin de couverture montre un salarié agonisant après s’être poignardé. De l’index trempé dans son propre sang, il raye le mot « morts » et le remplace par "salariés ». Et cela donne  le titre de Siné Hebo du 28 octobre : « Toussaint : fête des salariés »

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Je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser à cette phrase inscrite sur la voiture de cette anarchiste des années 70, que l'on connaissait sous le nom de "la Brassens" : "Le capitalisme est comme un vampire qui suce le sang des ouvriers". Les marronniers ont parfois cela de bon qu'ils nous rappellent que rien ne change vraiment.

Dany Boon, le stakhanoviste
Cela n'a rien à voir, mais rien -ou presque- ne change davantage à propos du dernier spectacle de Dany Boon. Le comédien  armentiérois a terminé sa tournée lilloise ce 1er novembre, au  théâtre Sébastopol. "La voix du Nord" (samedi 31 octobre) ressert les plats avec un papier admiratif. "Salles combles et ambiance surchauffée pour un artiste "trop stylé"", s'emballe Christophe Caron qui se permet juste, et très timidement, une petite réserve. Un sketch archiconnu ("La Poste") et un numéro de clown  "qui relève d'une gaudriole".

Aucune réserve en revanche pour Barbara Six, dans "Aujourd'hui en France" (vendredi 30 octobre). "Même en rodage, écrit-elle, le spectacle a ravi toutes les générations accourues à cette "première" nordiste". On sait que tel n'était pas l'avis de "Nord Eclair"  qui, pour l'avoir écrit sous la plume de Patrice Demailly, a été éterdit de spectacle. C'est "Le Monde" qui le rappelle dans son édition datée des 1er et 2 novembre. Faisant allusions aux lapins qui appraissent dans le spectacle, "Il y a aussi, comme chez Lewis Caroll, un lapin qui s'ignore : Dany Boon", juge Macha Séry. Pourquoi ? "Pour sa regrettable manie d'esquisser des sketches prometteurs et de les abréger prématurément", affirme-t-elle. L'envoyée spéciale du "Monde" reproche à Dany Boon, "qui mène sa carrière à la manière d'un stahanoviste", de "couper son effort".

Evoquant ensuite l'effet de "Bienvenue chez les Chtis", elle cite l'artiste : "j'ai pas pris la grosse tête, je l'avais déjà". "Une boutade ? se demande-t-elle. "Pas si sûr" répond-elle en racontant la mésaventure du journaliste de "Nord Eclair". "Dany n'aime pas les critiques, en tout cas pas celles qui le dérangent, il aime les gens, dit-il".

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 01:44

Une Brique dans la télé régionale



Sous-titré "Le canard des sans-goûts", le mensuel lillois "La Brique" est de retour après une pause de trois mois ("deux pour le soleil et un pour faire le point"). Le numéro d'octobre ne faillit pas à la règle en portant, entre autres, un regard critique
sur la presse de la région.

Les "omissions" de "La Voix"
Premier titre épinglé :  "La Voix du Nord" pour le dossier qu'elle a consacré à Jean Jaurès le 8 septembre dernier. Dans ce dossier de deux pages, reproche l'équipe de "La Brique", "
le journal est parvenu à ne pas écrire une seule fois "lutte des classes" dans ses colonnes. Il ne devait pas s'agir du même Jaurès, celui qui disait qu'entre les deux classes, c'est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire, et du capitaliste, qui veut le réduire ; du salairé qui veut affirmert sa liberté et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance".
Au passage, le mensuel signale que l'un des auteurs du dossier, Yves Smague, "s'est  fait couper son blog "Voix du Nord" il y a quelques mois". "Trop de billets critiques sur l'affaire Julien Coupat, sur la législation répressive, sur Hadopi... de quoi froisser la ligne du journal". Et "La Brique" d'ironiser : "Avec ce dossier sur Jaurès, il montre qu'il a bien retenu la leçon (...)" Pas gentille, La Brique.

Pan sur Wéo

Avec la télévison régionale Wéo, le mensuel est encore plus acerbe. L'un de ses journalistes a assisté à la conférence de presse de rentrée de la nouvelle chaîne de la TNT ("Trop nulle télé ?", rigole-t-il) et... il s'est "emmerdé". Il reproche au Pdg de Wéo de confisquer la parole à ses collaborateurs et de faire de la com. Mais surtout, « La Brique » n’aime pas le contenu de Wéo et regrette le peu de place laissé à l’information sociale. Voulant décidément se montrer méchante, elle titre son article : « Wéo, la télé qui sert à rien ».

 

Bon point pour Liberté Hebdo
Finalement, c’est « Liberté Hebdo » qui trouve grâce aux yeux de « La Brique ». Celle-ci a enquêté, est allé farfouillé dans les archives et a interrogé les rédacteurs de l’hebdomadaire qui se fait aussi appeler « Le petit canard rouge ».

 

« Avec près de 5 700 abonnés-es et un tirage avoisinant les 8000 exemplaires, « Liberté Hebdo » (…) s’affirme indépendant du PCF et si deux journalistes sur cinq ne sont pas adhérents du parti, le journal y est toujours très lié et fait campagne pour ce dernier lors des élection », écrit « la Brique ». Mais ce qui plait à cete dernière, précisément, c’est… la place consacrée à l’actu sociale.

 

« Finalement, concède le rédacteur de cet article d’une page, malgré la lecture évidemment critique que nous faisons de Liberté Hebdo, il n’en reste pas moins l’une des dernières publications de la région à faire entendre la parole des gens qui luttent au quotidien. Allez donc y jeter un œil… »


 

 

 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 01:01

Nord Eclair pas sage, Nord Eclair tricard

 

Si vous avez jeté un œil sur « La Voix du Nord » de ce dimanche 25 octobre, vous ne pouvez ignorer que Dany Boon est actuellement en tournée à Lille jusqu’au 1er novembre. Il joue son dernier spectacle, « Trop stylé » (c’est le titre) au théâtre Sébastopol.  La Voix lui consacre sa une sous le titre : « Dany, trop stylé, de retour à s’baraque ». Enthousiaste, très enthousiaste, le quotidien nordiste salue le retour sur scène de l’artiste, dans sa région natale, « pour la première fois après le succès de « Bienvenue chez les Chtis » ».

 

Vraiment conquise, la journaliste de « La Voix », qui a assisté à la première représentation, samedi soir, assure que l’homme est « resté simple, à la portée de tous ». Elle rapporte ce cri d’émotion de Dany Boon : « Bonjour Lille !  (…)  Vingt dieux, j'suis content d'être là ! Trois ans que je n'étais pas monté sur scène ». Au terme d’une défense sans faille du spectacle, l’article conclut : « Mais ce que les spectateurs retiendront sûrement, c'est ce sentiment de bonheur simple de se revoir. Celui de s'entendre dire : « Je vous regarde, je suis content. Vous me regardez, vous êtes contents. J'aime bien. » »

Circulez , y’a rien à voir, vingt dieux !

Surprenant contraste avec cet autre quotidien du groupe, « Nord Eclair », qui ne pipe mot de cette première. Et pour cause. Lorsque le journaliste s’est présenté au théâtre Sébastopol, il lui a été signifié que « sa présence dans la salle n’était pas désirée ». Dans un billet d’humeur, le rédacteur en chef adjoint, Samir Heddar, explique la cause de cette mise à l’écart. La veille, vendredi, « Nord Eclair » a consacré une page entière à « Trop Stylé ». « Certes, écrit Samir Heddar, nous jugions le spectacle « inabouti, hésitant, sans surprise majeure ». Une critique somme toute classique à laquelle sont (ou devraient être rompus tous les artistes ». Une critique qui n’empêchait pas le quotidien de vouloir rendre compte du spectacle de samedi.

 

On peut légitimement se demander si Dany Boon est vraiment resté aussi simple que l’affirme « La Voix du Nord ». « Nord Eclair » n’hésite pas à remettre l’artiste à sa place. « Nous souhaitons rappeler à Dany Boon, écrit-il, que notre métier n’est pas d’assurer la promotion de ses spectacles. Il y a des émissions de  télé le vendredi ou le samedi soir qui font cela très bien. Et nous, çà, on ne sait pas faire ».

Grande com" et grosses chevilles

Reste à savoir bien-sûr si Dany Boon est responsable en personne de cette mesure de rétorsion. Mais foin de naïveté. Combien d’articles laudateurs, de Unes, de numéros spéciaux et autres dossiers dithyrambiques la presse régionale a-t-elle servis avant, pendant et après « Bienvenue chez les Chtis ? » Un chiffre bien difficile à donner ce jour. De quoi remplir plusieurs volumes en tout cas. Les chevilles et la tête du brave Dany n’ont pas manqué d’occasions d’enfler. Pour peu qu’ils y étaient prédisposés…

 

Pas bégueule, Nord Eclair ne ferme pas ses pages au comédien. Il consacre sa page cinéma de ce dimanche au dernier film de Jean-Pierre Jeunet, « Micmacs à Tire-Larigot » avec… devinez qui ?.. Mais attention, c’est critique.

 

 

 

 

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 20:14

Et ce Mozart …

que sourdement on assassine

 

La télévision en couleur nous en apprend parfois d’aussi belles qu’inattendues. Ainsi de France 3 Nord – Pas de Calais dans le 12/13 du mercredi 21 octobre. Afin de lancer un sujet sur une exposition de peintures réalisées par des « mal » ou « non-voyants », le présentateur du journal télévisé, Vincent Dupire, a l’excellente idée de faire le rapprochement avec un grand compositeur atteint de surdité. Jusque là, pourquoi pas ?

 

Sauf que, dans l’oreille du téléspectateur, cela tombe ainsi : « On disait de Mozart qu’il était sourd. Nul
besoin d’être bien-entendant pour être un génie de la musique… ».
Pas particulièrement dur de la feuille, votre serviteur se persuade qu’il y a lapsus et que correction (auditive) sera apportée à la fin du sujet. Que nenni. De retour sur l’écran, le journaliste musicologue affiche un sourire imperturbable et présente ses invités, Ambroise et Christophe, deux musiciens du trio « Revolver »,  le groupe inspiré par les Beatles (son nom est tiré de l’album sorti en 1966), les Kinks et Elliott Smith.

Apparemment plus fin connaisseur de la pop musique que du répertoire classique du 18ème et du début 19ème siècle, Vincent Dupire insiste sur un titre de Revolver que nous serions bien ignorants d’ignorer : « Get around town ».
Tout à son affaire, il nous donne à voir et entendre le clip vidéo de ce dernier.  « Bah ! me rassurai-je. La correction viendra après la partition, pardon, le clip. D’ici là, un technicien de France 3, un collaborateur, l’un des deux jeunes fans du groupe de Liverpool lui aura glissé à l’oreille que le sourd n’était pas Wolfgang mais Ludwig ». Impatient,  j’attends. En vain.

 

Retour sur le plateau. Et là, les deux jeunes artistes du groupe « Revolver » sont interrogés sur la manière de faire une bonne chanson pop. Bien vu ! « Je ne savais pas que Mozart était sourd », avoue humblement Ambroise qui avait bien ouï le précédent propos de son hôte. Et de nous inviter à faire un parallèle entre Mozart et la pop musique. Sûr qu’il est reparti convaincu que l’auteur de « La Flûte enchantée » composait forcément à l’œil…

 

Certes, découvrant très tôt le talent de son fils, Johann van Beethoven avait voulu voir en  Ludwig le nouveau Mozart. Ah ! Cette assourdissante volonté de  culture sur le service public un mercredi ! Pour le reste, tout est là, à 13’27 et à 18’30 

 

http://jt.france3.fr/player/regions/?jt=20091021&id=b59a_1214part1

 

Evidemment, ce n’est pas très beau de se moquer ainsi d’un confrère. D’autant que, tant pis si cela fait faux derche,  Vincent Dupire est un journaliste talentueux. Et puis d’abord, Beethoven et Mozart, qui se sont rencontrés à Vienne en 1787 se seraient, paraît-il, parfaitement entendus.

 

Quand à la présumée surdité de Mozart, elle semble provenir d’un quizz où, entre plusieurs noms de compositeurs proposés, on demande lequel était sourd. On en trouve quelques traces sur internet.

 

Haut les cœurs et pavillon haut !

La photo, là haut, représente une statue non de Mozart, mais de Beethoven enfant.

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 18:41
Les porteurs de micro n'empêchent pas les crises de rage de Sarkozy


L'information et la communication tendent trop à faire couche commune. Lorsque la confusion sera acquise et digérée, il sera trop tard pour avoir peur.


La prestation de Nicolas Sarkozy sur TF1 et France 2, mercredi 23 septembre depuis New-York, aura  fait grand bruit. La plupart des médias en auront d'abord et surtout retenu  cette atteinte à la présomption d'innnocence :
 

"Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel." a ainsi répondu le président, en fin d'entretien, à une question sur l'affaire Clearstream. Difficile de croire à un lapsus, d'autant que son auteur, lorsqu'il était encore ministre de l'Intérieur (en 2003), avait déjà commis le même dérapage en annonçant l'arrestation d'Yvan Colonna. On peut à nouveau écouter cette phrase en se souvenant que M Sarkozy est avocat :

http://www.rtbf.be/info/monde/france/nouvelle-gaffe-de-n-sarkozy-coupable-pour-prevenu-144144

Intouchable durant son mandat présidentiel, M Sarkozy fait cependant l'objet d'une assignation à comparaître devant le tribunal de grande instance de Paris, pour atteinte à la présomption d'innocence. Dominique de Villepin n'a en effet pas attendu pour déposer une plainte.

Cette bourde n'a pas été la seule.  A cet égard, l'interview télévisée a donné lieu à un véritable festival. Ainsi, rapporte Libération du jeudi 24, les Verts ont dénoncé l'approsimation écologique du président qui, pour défendre la taxe carbone,  confond "couche d'ozone" et "effet de serre". Dans un communiqué, le 24 septembre, le Syndicat national des journalistes CGT s'indigne lorsque le président assure que la France est le premier pays européen à mettre en place une taxe carbone. "Un mensonge", relève le syndicat.

Mais le SNJ CGT met surtout en cause le rôle des journalistes dans ce type d'entretien. S'agissant de Laurence Ferrari(TF1) et Davide Pujadas (F2), il dénonce "deux porteurs de micro toujours prompts à répondre à ses injonctions [de Nicolas Sarkozy -ndlr] pour se livrer à une nouvelle opération de communication dont il a la fâcheuse habitude."

"A aucun moment, poursuit le syndicat,  les deux journalistes n’ont apporté la moindre contradiction au président de
la République, même lorsqu’il mentait.. (...)
En outre, il est inconvenant de convoquer des journalistes à l’étranger pour traiter des affaires franco-françaises et annoncer, par exemple, l’augmentation du forfait hospitalier ou confirmer l’imposition des indemnités en cas d’accident du travail." Et de conclure : "Les deux journalistes se sont comportés comme des faire-valoir et non comme des journalistes chargés d’informer complètement les citoyens.  Cette mascarade ne grandit ni la fonction présidentielle, ni la profession de journaliste".

 

Le SNJ CGT n'est du reste pas le seul à poser la question du rôle des deux journalistes. Le Grand Journal de Canal+ a reçu David Pujadas et lui a demandé pourquoi ni lui, ni sa consoeur, n'ont relevé le mot "coupable", prononcé à la place de "prévenu". La vidéo ci-dessus est éloquente.  

 

http://tv.lepost.fr/2009/09/25/1712734_pujadas-se-justifie-mollement-apres-l-itv-sarko.html

Pour le présentateur vedette de France2, tel n'était pas le sujet. Au passage, on voit aussi le désarroi du PdG Patrick de Carolis. Celui a pourtant l'habitude des engueulades présidentielles. On se souvient par exemple des incidents lors du passage du président Sarkozy sur le plateau du 19/20 de France 2, le 30 juin 2008, quelques mois avant la suppression de la publicité sur France Télévision. Deux cents manifestants CGT l'avaient hué  Refusant de serrer la main de Patrick de Carolis, Nicolas Sarkozy avait lancé : Cette maison n'est pas tenue, c'est une honte, un scandale". S'en était suivie une colère mémorable du président. Il faut lire à cet égard le livre que viennent de publier  Renaud Saint-Cricq et Frédéric Gerschel, chez Flammarion : "Canal Sarkozy, le président et la télé, deux ans d'histoires secrètes".

Le 24 septembre, à New York, après l'interview télévisée, Nicolas Sarkozy s'en est cette fois pris à Arlette Chabot. La grosse colère aurait duré 15 minutes pour dire, au final, qu'il n'y a pas de véritable émission  politique sur France 2. Les  journalistes sont accoutumés à ses crises de rage et à ses opinions lapidaires sur la presse et les médias. Mais ce à quoi les trente-huit mille journalistes de France (plus si l'on ajoute ceux qui ne possèdement pas la carte professionnelle) doivent refuser de s'habituer, c'est cette idée que l'informationn et la communication ne devraient plus faire qu'un. A partir du moment où la confusion sera digérée, il sera trop tard pour avoir peur.
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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 06:03
"Vous avez vos papiers ?"

Le président Sarkozy l'a confirmé hier soir (23 septembre), lors de l'entretien télévisé qu'il a accordé à David Pujadas et Laurence Ferrari : Brice Hortefeux n'est pas raciste. C'est quelqu'un de très humain. D'ailleurs, Nicolas connaît Brice depuis longtemps : "Il avait 16 ans, j'en avais 19". C'est dire...

Brice a donc commis une maladresse. Il aurait dû faire attention, concède le président. Une maladresse ? A croire Rachida Dati et Azouz Begag, le ministre n'en est pas à sa première dans le genre.  Le témoignage du journaliste du "Monde" Mustapha Kessous (publié par "le Monde" dans son édition de mercredi soir 23 septembre) commence par une anecdote qui concerne... Brice Hortefeux. Une blague bien ordinaire, somme toute : "Vous avez vos papiers ?" demande le ministre en recevant le journaliste pour une interview. Une blague ordinaire qui résonne cruellement quand on lit la suite du témoignage. Le racisme ordinaire est bien plus présent qu'on ne l'imagine. Mais il devient de plus en plus difficile d'en parler sans se faire voler dans les plumes par ceux qui se cachent derrière la dénonciation de la bien-pensance, Un nouveau sport très en vogue.
 
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/23/ca-fait-bien-longtemps-que-je-ne-prononce-plus-mon-prenom-quand-je-me-presente-au-telephone_1244095_3224.html

Le témoignage de Mustapha Kessous pourrait sembler excessif. Hélas, il suffit souvent de regarder et d'écouter autour de soi. Réagissant à ce texte, une consoeur raconte que, journaliste noire, elle n'a jamais subi autant de désagrément tant dans sa vie professionnelle que dans sa vie privée. Mais elle glisse cette anecdote savoureuse : " Au terme d'un débat que j'animais, un monsieur du public s'avance et me dit  : "Mademoiselle, vous avez apporté une touche d'exotisme à ce débat". La thématique traitée était le traitement des déchets...."

 
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 22:17

Sept ans après Sangatte,
ou sept ans avant  "Calais Port 2015" ?

 La jungle, à Calais (ph. Salam)

 

Eric Besson, à qui l’application des tests génétiques pour les candidats à l’immigration pose un problème… technique, se lance à l’assaut de la jungle de Calais. Sept ans après la fermeture du centre de la Croix Rouge de Sangatte, l’ancien socialiste devenu un bon soldat du sarkozysme, poursuit l’œuvre commencée par son patron. L’argument massue ne change pas : en finir avec les passeurs. Question : A quoi donc a servi le "coup" de Sangatte ? L’actuel ministre de l’immigration et de l’identité nationale sera-t-il plus efficace que le ministre de l’Intérieur de 1982 ?

 

Dans un  premier temps, en avril dernier, le ministre avait prévu le démantèlement de la « jungle » pour la fin de l’année, c’est-à-dire exactement sept ans après la fermeture du centre de Sangatte par Nicolas Sarkozy (novembre 2002). La jungle, c’est ce bois, ou plutôt ces bois, où vivent dans des conditions déplorables les migrants depuis la fermeture de Sangatte.  Qu’est ce qui a pu  faire changer d’avis M Besson en annonçant, ce mercredi 16 septembre, une fermeture dès la fin de cette semaine, c’est-à-dire d’ici le 25 septembre ?

 

Même si elle se défend d’être pour quelque chose dans l’avance de cette décision, la maire (UMP), Natacha Bouchart avait interpellé M Besson quelques jours plus tôt. « En début de semaine », dit-elle, soit deux jours au plus avant l’annonce ministérielle ! Quelle remarquable écoute de la part de M  Besson. Quelle réactivité ! L’élue calaisienne serait-elle donc une femme d’aussi grande influence ?

 

Faire place nette avant Calais Port 2015 ?

 

Un second élément, précédent immédiatement l’initiative de Mme Bouchart, aurait-il pesé dans la balance ? Vendredi 11 septembre était lancé officiellement le débat public relatif au projet « Calais port 2015 ». Ce grand projet calaisien, qui prévoit notamment une extension  du port et la création d’une nouvelle jetée, va faire l’objet de huit réunions publiques d’ici le 16 novembre. La première est prévue pour ce vendredi 18 septembre. Ensuite, sur la base d’une synthèse qui lui sera transmise par la commission, le Conseil régional du Nord – Pas de Calais (nouveau propriétaire du port et maître d’ouvrage pour Calais 2015) décidera la mise en œuvre ou non du projet.

 

Selon Pierre-Frédéric Ténière-Buchot, président de la commission particulière du Débat public, ce projet recueillera sans doute une très forte adhésion du public. « Parmi les points qui seront abordés, nous a-t-il confié, il y aura celui de la sécurité. Donc celui portant sur la présence des migrants qui tentent quotidiennement de passer en Angleterre ».

 

Ainsi, plus que la sécurité et la tranquillité des riverains, évoquée par Mme Bouchart, le grand projet économique calaisien pourrait-il être un élément moteur pour accélérer le règlement  du dossier des migrants qui se pressent à Calais dans l’espoir d’embarquer clandestinement.

 

 Hypocrisie

 

 Autre question : Pourquoi le ministre de l’Immigration décide-t-il soudainement de d’annoncer l’opération de démantèlement dans un délai d’une semaine ? Comme le rappelle l’association d’aide aux migrants, Salam, une telle opération devait en principe rester secrète. Tout se passe comme si M Besson avait voulu prévenir les migrants eux-mêmes afin de les inciter à fuir et à se disperser. C’est du reste ce qu’il se passe depuis son annonce. Sous le titre « La jungle en partie désertée », Le Figaro.fr du 17 septembre écrit : « Quelque 600 migrants devaient être pris en charge par les forces de l'ordre. Mais au lendemain de l'annonce médiatique d'Éric Besson, les deux tiers avaient déjà quitté les lieux… ». Et de préciser, sous la plume de Jean-Marie Leclerc  : « Résultat : jeudi, au lendemain de cette annonce fracassante, les quelque 600 clandestins concernés n'étaient plus que 200 sur place au petit matin. Et le campement se vidait d'heure en heure… «Ils se sont évanouis dans la nature. Il faudra aller les rechercher un par un, dans les villes voisines, les granges, les zones industrielles», regrette un haut fonctionnaire de la police nationale. »

Laurent Decotte, dans La voix du Nord du 18 septembre, se montre plus précis : « Éric Besson ne voulait pas voir à la télé de camions de CRS encerclant et interpellant des migrants démunis dans un camp d'infortune. Question d'image... Alors mercredi soir, sur TF1, il les a comme prévenus (…) ».

L’association Salam www.associationsalam.org  fait la même analyse et va plus loin : « L’hypocrisie consiste à ainsi faire disparaître d’eux-mêmes les Migrants du Calaisis. En effet, le gouvernement aurait tout simplement été incapable de traiter individuellement le cas de plusieurs centaines de Migrants. Depuis de nombreux mois nous signalons le manque de places dans les centres d’accueil de demandeurs d’asile. »

De toute façon, explique pour sa part Mathieu Hébert, pour Nord Eclair, cette fermeture n’empêchera pas les problèmes de demeurer. « Les acteurs associatifs sont persuadés que l'opération prévue ne mène à rien. « Calais, avec le tunnel sous la Manche et les ferries, reste attractif pour des gens qui veulent rejoindre l'Angleterre, affirme Jacky Verhaegen, du Secours catholique. Pendant quelques semaines, c'est probable, il y aura moins de migrants ». « On "nettoie". C'est la politique de l'autruche, ironise Monique Delannoy. Les questions de fond ne sont pas abordées : l'harmonisation européenne de l'asile, la question des migrations... »


D’autres squats

 

Ainsi, quand la police interviendra, une bonne partie des migrants se sera dispersée et aura rejoint un des nombreux squats (une vingtaine à Calais » et bien d’autres sur l’ensemble du littoral, de la Normandie à la frontière belge). Ils pourront aussi se regrouper dans une autre jungle. On peut effectivement s’interroger sur l’efficacité d’une mesure aussi brutale. Pour ceux qui ne passeront pas au travers des mailles du filet,  M Besson prévoit un hébergement, un retour volontaire ou une mesure d’expulsion. Et il assure que les Afghans (très nombreux dans la jungle visée) ne seront pas expulsés si leur vie est en danger dans leur pays.

 

Aucune association ne prête foi à ces intentions. L’hébergement, trop lointain, ne sera pas accepté, disent-elles. Les migrants ont besoin de se trouver à proximité du port pour tenter leur passage en Angleterre. Elles craignent donc de nombreuses expulsions. Et tandis que Natacha Bouchart estime qu’une multiplication éventuelle des squats ne lui pose pas de problème (Besson a assuré qu’ils seront régulièrement détruits), la Ligue des droits de l’Homme accuse : « la destruction de la jungle ne fera qu’ajouter de la misère à la misère ».

   

Et les passeurs ?

Reste la question des passeurs. D’abord, les passeurs ne sont pas forcément, ni tous, les malfrats que l’on décrit souvent. Mais pour les autres, que l’on qualifiera de « professionnels », que va-t-il se passer ? Haydée Sabeyran, pour le site www.libelille.fr, a eu l’idée d’interroger Jean-Pierre Alaux, membre du Gisti, le Groupe d’information et de soutien des travailleurs immigrés. Pour lui, la méthode Besson (raser la jungle) ne pourra avoir qu’un effet contraire : « Chaque fois qu'on rend plus difficile la poursuite du voyage, qu'on offre une liberté de circulation proche de zéro, outre qu'on porte atteinte à la Convention de Genève, on renvoie les exilés à des spécialistes du cheminement. Détruire la «jungle» renforce le pouvoir des passeurs. On les rend indispensables. »

Libélille rappelle que « la Convention de Genève garantit la liberté de circulation pour les demandeurs d'asile. Jean-Pierre Alaux considère ici que les migrants sont tous des demandeurs d'asile à qui on nie cette qualité ».

Alors, quelle conclusion ? La destruction programmée de la jungle n’empêchera pas les migrants de continuer à venir pour tenter de rejoindre ce qu’ils croient encore être un eldorado. Les passeurs mercantiles seront toujours au rendez-vous pour les exploiter. Que restera-t-il de l’annonce médiatique et, sans doute, de l’opération qui va être menée ? Des mesures d’expulsion pour les uns. Peut-être quelques prises en compte de dossiers de demande d’asile. Surtout, les migrants verront leurs conditions de vie encore plus difficiles. Et, au moins un temps, ils deviendront beaucoup moins visibles. Pour le ministère de l’immigration et le gouvernement, une opération de communication de plus menée sous le label désigné par M Besson : « Une France républicaine et humaniste ».

 

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