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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 13:08

Hagiographie et ode au libéralisme

 

Les hommages dithyrambiques rendus après le décès de François Chérèque posent une profonde question. Dans leur immense majorité, les titres de presse écrite, les médias audiovisuels, les agences, la presse en ligne se sont livrés à un travail hagiographique hors du commun. Ce n'est plus de l'unanimité, c'est de l'unanimisme. On peut comprendre que le réformisme de celui qui fut secrétaire général de la CFDT durant dix ans puisse séduire les tenants du consensus social au sein d'une société qui, selon eux, n'a d'autre choix que le libéralisme et la mondialisation. Même si ces concepts commencent à prendre du plomb dans l'aile.

Le successeur de Nicole Notat, qui a consacré le tournant réformiste du syndicat, quitte à provoquer la colère puis le départ d'une bonne partie de ses adhérents, a œuvré dans le même sens. L'épisode de 2003, lorsqu'il a signé pour la réforme des retraites portée par le gouvernement Raffarin, l'aura définitivement marqué. Le doigt dans l'engrenage était mis.

Les hommages de la presse, service public compris, rejoignent ceux des politiques, à droite comme au parti socialiste, voire du candidat Vert à la présidentielle. Ainsi, les journaux pleurent-ils un « syndicaliste courageux », un « modéré qui a révolutionné le syndicalisme ». L'ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, loue quant à elle un «  grand syndicaliste » qu'elle considère comme un « homme d'État ». Rien que ça ! « Ce n’est pas en campant sur les postures les plus à gauche qu’on sert le mieux les intérêts des plus pauvres » assène quant à lui Laurent Joffrin, de Libération.

Il y a quelques mois, en août, la disparition de Georges Séguy, ex-dirigeant de la CGT, n'a évidemment pas suscité une telle émotion. Celui qui fut résistant dès l'âge de 15 ans, déporté à Mathausen et acteur essentiel des accords de Matignon en 1968, n'aura mérité que quelques secondes au 20 heures de France 2. Chacun a pu constater, durant la mobilisation contre la loi Travail, l'anti-syndicalisme du pouvoir comme de la plupart des médias, qui fustigeait particulièrement la CGT. Lorsque la télévision publique évoque la sortie du film «  La sociale », elle ne dit pas un mot sur le père de la sécurité sociale, Ambroise Croizat. Et quand ce même service public évoque la fin de la première guerre mondiale, en 1917, c'est pour souligner que cette époque marque le début du « totalitarisme » soviétique. La campagne électorale débute. La chasse au syndicalisme de combat et au communisme est ouverte.

 

Philippe ALLIENNE

(Billet publié par Liberté Hebdo n°1253 du 6 janvier 201)

 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 13:15

 

Après le grand oral, de la primaire :

Gauche molle, gauche dure et consensus

 

Après le débat entre Martine Aubry et François Hollande, hier soir sur France 2 et France Inter, les quotidiens semblent ce matin quelque peu déboussolés. Déjà, lundi dernier, au lendemain du premier tour de la primaire citoyenne, ils ne savait trop s’il fallait annoncer un « duel » ou une « finale » entre les deux candidats.

 

Avant le second tour mais après le dernier débat, la Voix du Nord de ce matin annonce que « ton s’est durci ». « (…) pas vraiment face à face mais déjà plus côte à côte », observe Hervé Favre à propos des débatteurs. La Une de Nord Eclair évoque un « passage à l’offensive ». Mais « au final, estime Sébastien Leroy, cela a donné un débat consensuel, où les deux ont exacerbé leurs minces différences ».

 

Minces différences

 

« Minces différences ». Tout est dit. Même la formule « gauche dure » contre « gauche molle » cède le pas au consensus. Si Nord Eclair la rappelle au début de son compte-rendu. Sébastien Leroy souligne en effet l’opposition entre la « gauche forte » souhaitée par Martine Aubry et le refus d’une « gauche dure » par son concurrent corrézien. Aussitôt après, il développe ces « différences de forme plus que de fond » qui les séparent. Sur quoi portent-elles ? le cumul des mandats, qui a « couté des soutiens » à Martine, la règle d’or, à laquelle François Hollande aurait souscrit selon la maire de Lille, le contrat de génération et la proposition de François Hollande de recruter 60 000 enseignants en 5 ans. C’est sur ces différentes questions que Martine Aubry est passé à l’offensive et qui justifie le titre principal de Nord Eclair

 

L’attaque frontale de la candidate sur la gauche molle n’a pas échappée à Hervé Fabre, pour La Voix du Nord, qui reste bien convaincu qu’elle visait François Hollande.  Pour le reste, écrit-il, « Martine Aubry a beaucoup insisté sur les « changements de position » qu’elle recense dans la campagne de son rival, à propos de la règle d’or et du déficit, des créations de postes dans l’enseignement, ou des licenciements boursiers dont Ségolène royal réclame l’interdiction ». On lira avec intérêt, toujours dans La Voix, l’article d’Olivier Berger consacré aux points de divergences sur l’économie, le social, l’Europe et la présidence. « Des divergences, mais ‘’dès lundi nous serons réunis’’ » .

 

La patronne vs l’homme d’Etat

 

En tout cas, note encore Hervé Favre, « après ces échanges d’amabilités, on a un peu de mal à imaginer l’un des deux camps se mettre au service de l’autre sans états d’âme dès dimanche soir ! ». Dans l’éditorial de Nord Eclair, Patrick Pépin insiste sur la personnalité des débatteurs et sur la forme du débat. « Peu de différences pour deux tempéraments opposés », juge-t-il. « Faute d’écart sur le contenu strictement dit, c’est bel et bien sur la personnalité de chacun et sur la forme que s’est joué vraiment le débat ».

 

Ainsi, pour l’éditorialiste, « la maire de Lille a joué la partie plus militante, plus patronne d’une grande formation politique. Le président du conseil général de Corrèze a continué d’affirmer une posture plus présidentielle, plus ‘’homme d’Etat’’ ». Et d’ajouter, faisant référence à l’ennemi commun des deux candidats en lice : « Pour briguer la fonction, comme Nicolas Sarkozy l’avait affirmé le concernant dès 2005, la préparation est essentielle, il ne faut penser qu’à ça. » Et nous ne dirons pas que c’est rasoir.

 

Bien évidemment, Liberté Hebdo a suivi attentivement le débat. Dans son éditorial à paraître dans l’édition de ce vendredi 14 octobre, Mathieu Hébert donne un avis clair, net et tranché : « Point de gauche molle ou de gauche dure. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une vraie gauche ». Voilà qui est dit. Mais nous ne résistons pas à vous conseiller également le reportage que Florence Traullé à réalisé au « Toucouleur », ce restaurant sénégalais de Lille où l’on pouvait assister à la retransmission du débat sur écran plasma.

 

D’accord, les consommateurs-électeurs étaient tous –ou presque- acquis à la cause de la candidate lilloise. Mais ils ont visiblement rigolé tout en regrettant l’absence de différences marquante et le consensus « Chacun est arrivé avec ses convictions et… reparti avec », conclu notre consœur. Bref, autant lire demain Liberté Hebdo car, finalement, « gauche molle » ou « gauche dure », est-ce bien la question ?

 

Philippe Allienne

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 23:10

Les vampires sont parmi nous

Pour Halloween, le cinéma et le marketing (les deux vont souvent de paire) ont donné matière à écrire grâce au phénomène « Twiling », le succès de librairie de Stephenie Meyer porté à l’écran. Vendredi dernier, les vampires faisaient ainsi la Une de plusieurs quotidiens. « Pourquoi les vampires ont un tel succès », tirait « Aujourd’hui en France ». Ce dernier n’occulte pas que c’est une affaire de gros sous (la première convention Ultim Twiling s’est ouverte ce week-end à Boulogne-Billancourt et il fallait débourser entre 59 et 139 euros pour assister à une conférence ou rencontrer un acteur. Sans compter « six passes VIP mis aux enchères sur eBay (…) le second a été acheté à plus de 5000 euros », rapporte le quotidien. Les mordus de Billancourt sont parfois désespérants.

 

Mais « Aujoud’hui en France explique aussi que ces vampires nouvelle génération sont « devenus sexy ». Il a interrogé le pédopsychiatre Stéphane Clerget pour qui « cette nouvelle esthétique touche davantage les filles ». La raison ? Les vampires d’aujourd’hui se caractérisent par « la retenue de la pulsion sexuelle. Ils ne mordent plus, ils se retiennent. Ca touche davantage les filles, à une époque où la sexualité est présentée comme dangereuse. »

 

Mondialisation, ou le vampire sans visage
Comme « Aujourd’hui en France », « La Voix du Nord » du vendredi 30 octobre y va de sa Une et de son dossier. L’article de Claire Lefebvre mérite d’être lu. « Que de chemin parcouru par le vampire depuis le début du XVIIIe siècle et l'Europe centrale, berceau de son folklore et de ses légendes », écrit-elle.  . « Dracula a longtemps été moralisateur, brandissant les interdits de l'Angleterre victorienne », explique Jean Marigny, prof de littérature spécialiste des vampires. "Le comte sanguinaire n'a pas fini de semer la mort et la désolation dans son voisinage. À chaque moment-clé de l'Histoire, le vampire fait des apparitions. Après la crise de 1929 : laid, déformé par des émotions obscures et irrationnelles. »

 

 Mais aujourd’hui, le vampire s’est humanisé. « Le vampire prend désormais les traits d'un anonyme : l'ennemi n'a plus de visage, s'appelle mondialisation ou terrorisme », lit-on sous la plus de claire Lefebvre. « Face à un monde en mutation, on a peur de voir ses proches ou soi-même changer, devenir « autre ». Et depuis la menace atomique, la peur de la science, de la maladie est récurrente : dans Aliens, l'humain fabrique lui-même le monstre. L'ennemi du futur est invisible. Chaos climatique, OGM, virus qui mutent... Autant de métaphores de la peur fondamentale de mourir. Peur qui nous sauve : ne porte-t-elle pas en elle le désir de fuir le danger, lutter contre la catastrophe annoncée ? Du moins tant que les vampires seront parmi nous, tout au fond de nous... ».

 

Et la Toussaint, alors ? Cette fête des saints que l’on confond allègrement avec la fête des morts qui se célèbre, en principe, le lendemain, est un autre marronnier pour lequel ; il n’est pas simple de trouver un angle original. Nord Eclair de ce dimanche 1er novembre a choisi de s’intéresser à ces nouveaux « métiers de la mort ». « Siné Hebdo » préfère nous faire réfléchir aux suicides dans le monde du travail. Le dessin de couverture montre un salarié agonisant après s’être poignardé. De l’index trempé dans son propre sang, il raye le mot « morts » et le remplace par "salariés ». Et cela donne  le titre de Siné Hebo du 28 octobre : « Toussaint : fête des salariés »

.
Je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser à cette phrase inscrite sur la voiture de cette anarchiste des années 70, que l'on connaissait sous le nom de "la Brassens" : "Le capitalisme est comme un vampire qui suce le sang des ouvriers". Les marronniers ont parfois cela de bon qu'ils nous rappellent que rien ne change vraiment.

Dany Boon, le stakhanoviste
Cela n'a rien à voir, mais rien -ou presque- ne change davantage à propos du dernier spectacle de Dany Boon. Le comédien  armentiérois a terminé sa tournée lilloise ce 1er novembre, au  théâtre Sébastopol. "La voix du Nord" (samedi 31 octobre) ressert les plats avec un papier admiratif. "Salles combles et ambiance surchauffée pour un artiste "trop stylé"", s'emballe Christophe Caron qui se permet juste, et très timidement, une petite réserve. Un sketch archiconnu ("La Poste") et un numéro de clown  "qui relève d'une gaudriole".

Aucune réserve en revanche pour Barbara Six, dans "Aujourd'hui en France" (vendredi 30 octobre). "Même en rodage, écrit-elle, le spectacle a ravi toutes les générations accourues à cette "première" nordiste". On sait que tel n'était pas l'avis de "Nord Eclair"  qui, pour l'avoir écrit sous la plume de Patrice Demailly, a été éterdit de spectacle. C'est "Le Monde" qui le rappelle dans son édition datée des 1er et 2 novembre. Faisant allusions aux lapins qui appraissent dans le spectacle, "Il y a aussi, comme chez Lewis Caroll, un lapin qui s'ignore : Dany Boon", juge Macha Séry. Pourquoi ? "Pour sa regrettable manie d'esquisser des sketches prometteurs et de les abréger prématurément", affirme-t-elle. L'envoyée spéciale du "Monde" reproche à Dany Boon, "qui mène sa carrière à la manière d'un stahanoviste", de "couper son effort".

Evoquant ensuite l'effet de "Bienvenue chez les Chtis", elle cite l'artiste : "j'ai pas pris la grosse tête, je l'avais déjà". "Une boutade ? se demande-t-elle. "Pas si sûr" répond-elle en racontant la mésaventure du journaliste de "Nord Eclair". "Dany n'aime pas les critiques, en tout cas pas celles qui le dérangent, il aime les gens, dit-il".

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 01:44

Une Brique dans la télé régionale



Sous-titré "Le canard des sans-goûts", le mensuel lillois "La Brique" est de retour après une pause de trois mois ("deux pour le soleil et un pour faire le point"). Le numéro d'octobre ne faillit pas à la règle en portant, entre autres, un regard critique
sur la presse de la région.

Les "omissions" de "La Voix"
Premier titre épinglé :  "La Voix du Nord" pour le dossier qu'elle a consacré à Jean Jaurès le 8 septembre dernier. Dans ce dossier de deux pages, reproche l'équipe de "La Brique", "
le journal est parvenu à ne pas écrire une seule fois "lutte des classes" dans ses colonnes. Il ne devait pas s'agir du même Jaurès, celui qui disait qu'entre les deux classes, c'est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire, et du capitaliste, qui veut le réduire ; du salairé qui veut affirmert sa liberté et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance".
Au passage, le mensuel signale que l'un des auteurs du dossier, Yves Smague, "s'est  fait couper son blog "Voix du Nord" il y a quelques mois". "Trop de billets critiques sur l'affaire Julien Coupat, sur la législation répressive, sur Hadopi... de quoi froisser la ligne du journal". Et "La Brique" d'ironiser : "Avec ce dossier sur Jaurès, il montre qu'il a bien retenu la leçon (...)" Pas gentille, La Brique.

Pan sur Wéo

Avec la télévison régionale Wéo, le mensuel est encore plus acerbe. L'un de ses journalistes a assisté à la conférence de presse de rentrée de la nouvelle chaîne de la TNT ("Trop nulle télé ?", rigole-t-il) et... il s'est "emmerdé". Il reproche au Pdg de Wéo de confisquer la parole à ses collaborateurs et de faire de la com. Mais surtout, « La Brique » n’aime pas le contenu de Wéo et regrette le peu de place laissé à l’information sociale. Voulant décidément se montrer méchante, elle titre son article : « Wéo, la télé qui sert à rien ».

 

Bon point pour Liberté Hebdo
Finalement, c’est « Liberté Hebdo » qui trouve grâce aux yeux de « La Brique ». Celle-ci a enquêté, est allé farfouillé dans les archives et a interrogé les rédacteurs de l’hebdomadaire qui se fait aussi appeler « Le petit canard rouge ».

 

« Avec près de 5 700 abonnés-es et un tirage avoisinant les 8000 exemplaires, « Liberté Hebdo » (…) s’affirme indépendant du PCF et si deux journalistes sur cinq ne sont pas adhérents du parti, le journal y est toujours très lié et fait campagne pour ce dernier lors des élection », écrit « la Brique ». Mais ce qui plait à cete dernière, précisément, c’est… la place consacrée à l’actu sociale.

 

« Finalement, concède le rédacteur de cet article d’une page, malgré la lecture évidemment critique que nous faisons de Liberté Hebdo, il n’en reste pas moins l’une des dernières publications de la région à faire entendre la parole des gens qui luttent au quotidien. Allez donc y jeter un œil… »


 

 

 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 01:01

Nord Eclair pas sage, Nord Eclair tricard

 

Si vous avez jeté un œil sur « La Voix du Nord » de ce dimanche 25 octobre, vous ne pouvez ignorer que Dany Boon est actuellement en tournée à Lille jusqu’au 1er novembre. Il joue son dernier spectacle, « Trop stylé » (c’est le titre) au théâtre Sébastopol.  La Voix lui consacre sa une sous le titre : « Dany, trop stylé, de retour à s’baraque ». Enthousiaste, très enthousiaste, le quotidien nordiste salue le retour sur scène de l’artiste, dans sa région natale, « pour la première fois après le succès de « Bienvenue chez les Chtis » ».

 

Vraiment conquise, la journaliste de « La Voix », qui a assisté à la première représentation, samedi soir, assure que l’homme est « resté simple, à la portée de tous ». Elle rapporte ce cri d’émotion de Dany Boon : « Bonjour Lille !  (…)  Vingt dieux, j'suis content d'être là ! Trois ans que je n'étais pas monté sur scène ». Au terme d’une défense sans faille du spectacle, l’article conclut : « Mais ce que les spectateurs retiendront sûrement, c'est ce sentiment de bonheur simple de se revoir. Celui de s'entendre dire : « Je vous regarde, je suis content. Vous me regardez, vous êtes contents. J'aime bien. » »

Circulez , y’a rien à voir, vingt dieux !

Surprenant contraste avec cet autre quotidien du groupe, « Nord Eclair », qui ne pipe mot de cette première. Et pour cause. Lorsque le journaliste s’est présenté au théâtre Sébastopol, il lui a été signifié que « sa présence dans la salle n’était pas désirée ». Dans un billet d’humeur, le rédacteur en chef adjoint, Samir Heddar, explique la cause de cette mise à l’écart. La veille, vendredi, « Nord Eclair » a consacré une page entière à « Trop Stylé ». « Certes, écrit Samir Heddar, nous jugions le spectacle « inabouti, hésitant, sans surprise majeure ». Une critique somme toute classique à laquelle sont (ou devraient être rompus tous les artistes ». Une critique qui n’empêchait pas le quotidien de vouloir rendre compte du spectacle de samedi.

 

On peut légitimement se demander si Dany Boon est vraiment resté aussi simple que l’affirme « La Voix du Nord ». « Nord Eclair » n’hésite pas à remettre l’artiste à sa place. « Nous souhaitons rappeler à Dany Boon, écrit-il, que notre métier n’est pas d’assurer la promotion de ses spectacles. Il y a des émissions de  télé le vendredi ou le samedi soir qui font cela très bien. Et nous, çà, on ne sait pas faire ».

Grande com" et grosses chevilles

Reste à savoir bien-sûr si Dany Boon est responsable en personne de cette mesure de rétorsion. Mais foin de naïveté. Combien d’articles laudateurs, de Unes, de numéros spéciaux et autres dossiers dithyrambiques la presse régionale a-t-elle servis avant, pendant et après « Bienvenue chez les Chtis ? » Un chiffre bien difficile à donner ce jour. De quoi remplir plusieurs volumes en tout cas. Les chevilles et la tête du brave Dany n’ont pas manqué d’occasions d’enfler. Pour peu qu’ils y étaient prédisposés…

 

Pas bégueule, Nord Eclair ne ferme pas ses pages au comédien. Il consacre sa page cinéma de ce dimanche au dernier film de Jean-Pierre Jeunet, « Micmacs à Tire-Larigot » avec… devinez qui ?.. Mais attention, c’est critique.

 

 

 

 

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 09:10

 

Désamour, diversion, espoir

Si vous n’avez pas lu la presse ce week-end…

 

Il y a une semaine, samedi 23 mai, les quotidiens « La Voix du Nord » et « Nord Eclair » donnaient les dix-huit listes déposées pour les élections européennes du 7 juin, dans la grande circonscription du Nord-Ouest. Le dépôt de ces listes s’étaient en effet achevé la veille au soir, 24 mai. Au total, il y a donc bien 161 listes en France (contre 168 en 2004). Dans notre région, comme partout en France, la parité est respectée ; dix hommes et dix femmes par liste. Sur les 18 listes, sept seront conduites par une femme.

 

Ces listes ont été validées le lundi suivant par le ministère de l’Intérieur. Sur le site www.interieur.gouv.fr, on peut trouver l’ordre exact de dépôt et, surtout, les noms précis avec la tête de liste et l’ensemble des 20 candidats par liste. Pour notre circonscription, les grandes formations sont au rendez-vous de ce scrutin : Majorité présidentielle derrière Dominique Riquet, PS derrière Gilles Pargneaux, Modem, derrière Corinne Lepage, extrême droite en ordre dispersé avec Marine Le Pen d’un côté et Carl Lang de l’autre, le Front de gauche conduit par Jacky Hénin et « élargit ses lignes en direction du parti de gauche de Marc Dolez », précisait « La Voix », Les Verts, LO, le Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot, sans oublier « Debout la République » de Dupont Aignan ou encore la liste Nihous et De Villiers dans laquelle on retrouve Chasse-Pêche-Nature et Tradition…

 

Efficacité, légitimité, identité : les doutes !

 

Les listes ont donc été officialisées lundi 25 mai, jour du lancement de la campagne officielle. Mais durant la semaine qui vient de s’écouler, les craintes d’un  très fort taux d’abstention ne se sont pas atténuées. La lecture de la presse de ce week-end est édifiante. A commencer par « Le Monde » daté 31 mai et 1er juin : Il publie un entretien avec Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères,  et un article de Dominique de Villepin. Ce dernier, rapporte « le Monde », « juge que la campagne européenne (…) « n’est pas à la hauteur des enjeux ». Ceux-ci sont  liés, écrit-il, à la crise la plus grave que l’Union européenne (UE) ait jamais traversée : les Européens  doutent de son « efficacité », de sa « légitimité » et de son « identité ». Hubert Védrine ne dit pas autre chose quand il observe une « fatigue de l’Europe » qu’il attribue à « des constructions trop théoriques, trop techniques ou trop lyriques ».  Mais surtout, l’ancien ministre des Affaires étrangères « commente l’étonnante incapacité de la gauche social-démocrate européenne à tirer profit –politiquement et électoralement- d’une crise qui est celle d’un modèle promu par une droite libérale contemptrice du rôle de l’Etat.

 

« Comment sauver la campagne ? »  demandent Claude Askolovitch et Olivier Jay dans le Journal du Dimanche de ce samedi 31 mai. Si le Parlement n’a jamais été aussi important, conviennent-ils, « rien n’y fait. L’abstention menace, la campagne s’étiole. L’Europe un enjeu ? Sans doute. Mais on continue de résumer cet enjeu au ballet des chefs d’Etat et de gouvernement, à leurs rapports de force, à leurs négociations ». Dans sa seconde édition, dimanche, le JDD a publié un texte commun de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. On peut s’interroger sur cette « initiative franco-allemande et ses effets sur le débat européen, dans la  démocratique médiatique, ce texte commun a plus de poids que tous les votes des eurodéputés ». Non, rien n’y fait : une étude TNS Sofres/Logica effectuée pour « le Monde »,  France 2, France 3 et France inter prévoit que « le taux d’abstention pourrait varier de 52% à 60% » pour l’ensemble de la France. En 2004, le taux de participation dans le Nord-Ouest n’était que de 41%.

Nouveau projet absent

 

Dans la Voix du Nord de dimanche (31 mai), Michel Bretonnier ne s’étonne pas de ce « désamour entre l’Europe et ses peuples ». « Cette Europe, accuse-t-il, a pris la drôle d’habitude de faire fuir les électeurs lorsqu’elle présente son parlement à leurs suffrages et de les mobiliser lors des référendums, mais contre elle ».Pour le rédacteur en chef de La Voix, l’Europe est « dans un coma dépassé » parce  qu’ « elle n’a pas su dessiner un nouveau projet quand la paix est devenue naturelle entre pays européens, que le Mur est tombé et la prospérité s’est installée ».

 

Dans le JDD de samedi, Simone Veil explique pourquoi il faut voter.  Celle qui fut la première présidente du Parlement européen (de mai 1998 à mars 2001) regrette que, contrairement à cette époque, « le Parlement travaille sur le fond et a du pouvoir, mais il n’attire plus le regard ». Et elle accuse la presse. « « Vous êtes responsables, les médias, qui ne rendez pas assez compte de l’activité de ce Parlement ». Responsable aussi, « les politiques qui ne le valorisons pas assez » ajoute-t-elle.

 

Ne tirez pas sur les médias !

 

Cette mise en cause des médias, Patrick Pépin ne veut pas l’entendre. L’éditorialiste de « Nord Eclair » s’emporte, dans Nord Eclair de samedi 30 mai ; « la sempiternelle remarque, insupportable à la longue, des médias qui ne feraient pas leur travail ». Et il rappelle que son journal a traité le sujet abondamment pendant toute la campagne  et tout au long de l’année ». Patrick Pépin invite plutôt à regarder vers les thèmes qui ont fait diversion dans la campagne : « la question du travail du dimanche qu’on remet sur la table », le retour tant attendu du débat sur la sécurité, une proposition de loi permettant aux malades de travailler à domicile… « Pour mettre le feu au lac, il n’y avait pas mieux », juge-t-il.

 

La faute aux Etats membres…

 

Dans Nord Eclair de ce lundi 1er juin, Gérard Onesta, vice-président sortant du Parlement veut appeler un chat un chat : Pour lui, ce sont les pays membres eux-mêmes qui ne pensent pas assez européen. « On ne remonte pas en quinze jours un handicap d’indifférence totale, générée par les dirigeants des Etats, et la France en premier lieu. »

 

Samedi 30 mai, l’Humanité a publié un appel du « Front de gauche », l’ »Appel du 29 mai » pour redonner la parole au peuple. L’Huma aussi craint un taux record d’abstention et trouve que la campagne a été très peu relayée par les grands médias » Pourquoi le 29 mai ? Parce que c’est la date anniversaire du référendum sur le traité constitutionnel, le 29 mai 2005, quand « les Français avaient dit non à l’Europe libérale », lit-on  dans le texte. Objectif recherché par cet appel : « qu’il soit mis fin au service minimum électoral et que soit décrétée la mobilisation maximum de tous les moyens de débat public ».

 

Voix de l’espoir

 

Chez nous, « Liberté Hebdo » du 29 mai titre sur « les voix de l’espoir ». Il note que les « Français qui résistent font entendre une voix effrontément différente de celles qui invitent à la résignation ou à la division. Une voix qui devra se multiplier le 7 juin dans les urnes ». Dans son éditorial, Bruno Cadez évoque aussi cette France qui « résiste aux injustices » et qui s’était donné rendez-vous, jeudi dernier, à proximité de l’Assemblée nationale. Il veut parler des « hommes et des femmes de Caterpillar, de continental, d’Arcelor, etc. et des parlementaires du Parti communiste et du Parti de gauche qui défendent trois projets de loi pour combattre la crise.

 

Et l’Europe sociale ?

 

Et Bruno Cadez se prend à rêver : « si ces projets de loi étaient votés, songe-t-il, les licenciements boursiers seraient interdits, le Smic passerait à 1600 euros brut, les salariés auraient, face au patron, de véritables pouvoirs dans l’entreprise, les franchises médicales et le bouclier fiscal seraient supprimés, la directive Bolkestein n’aurait aucune chance d’être appliquée en France. » Et de conclure que « d’autres choix solidaires et écologiques sont possibles en France et en Europe. Le 7 juin, il faudra s’en souvenir », dit-il.

 

Ce pourrait (presque) être un lecteur de « Liberté hebdo » qui écrit dans le courrier des lecteurs de La « Voix du Nord » de lundi : Si les « peuples européens ne seront pas nombreux à aller voter, c’st qu’ils sont déçus par l’Europe actuelle ! (…) Au lieu de n’être qu’une « union monétaire, financière juridique et technocratique qui n’a su que réglementer et n’a même pas vu arriver la crise (…) il aurait fallu commencer par le début, c’est-à-dire une véritable Europe politique et sociale  en organisant une harmonisation progressive des salaires et des charges ainsi que des mesures sociales, des horaires, des congés payés et de formation ». Pour lui, cela reste possible mais…  « Que de temps perdu ! » regrette-t-il.

 

 

 

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